Les apports nutritionnels des Chinois : en dessous des recommandations, mais en progrès sur certains points !

  • He Y & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 10 mai 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les Chinois ont connu au cours des trente dernières années d’importantes modifications de      leur régime alimentaire. La contribution des apports nutritionnels en-dessous des recommandations à la mortalité cardiovasculaire (CV) et au diabète de type 2 est passée de 62,2% en 1982 à 51,0% en 2010-12. Malgré ces améliorations, de nombreux apports restent non optimaux et contribuent encore à de trop nombreux cas de décès d’origine CV, notamment la forte consommation de sel (impacte pour 17,3% la mortalité CV), la faible consommation de fruits (11,5%) et la faible consommation d’oméga-3 (9,7%).

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La Chine a connu d’importants changements en très peu de temps. L’évolution des maladies chroniques dont le diabète et les maladies cardiovasculaires inquiète. Des experts ont souhaité mieux comprendre l’impact de cette transition nutritionnelle sur la santé de la population.

Méthodologie

Cette étude longitudinale a évalué des données populationnelles sur 3 décennies entre 1982 et 2012 à partir de quatre études présentant une méthodologie comparable : China National Nutrition Surveys (CNNS) menées en 1982, 1992, 2002 et 2010-2012. Les données provenaient d’interviews sur les apports alimentaires, de mesures corporelles et de tests d’analyses médicales. Pour la publication présentée ici, seules les données des adultes de 20 ans et plus ont été utilisées, soit 39.008 personnes en 1982, 58.316 en 1992, 52.426 en 2002 et 55.052 en 2010-2012. Une évaluation de la fraction de population concernée par la mortalité cardiométabolique et par le diabète de type 2 attribuable à l’exposition à 12 facteurs alimentaires a été estimée. 

Principaux résultats

Au total, les données de 204.802 individus de 20 ans et plus ont été analysées. Les apports nutritionnels quotidiens moyens sont passés de 2.783 kcal/j en 1982 à 2.064 kcal/j en 2010-12. 

  • Les proportions de glucides et de lipides ont considérablement varié au cours de ces trois décennies. Les glucides représentaient 80,8% des apports énergétiques en 1982, alors qu’ils ne représentaient plus que 55,9% en 2010-12, et les lipides représentaient 12,0% des apports énergétiques totaux en 1982, versus 32,3% en 2010-12.
  • Dans le même temps, la consommation de sodium a diminué de 20,0%. Cette consommation contribuait à hauteur de 27% au risque de mortalité cardiométabolique en 1982, contre 17,3% en 2010-12. Malgré cela, en 2010-2012, plus de 90% de la population était encore au-delà des recommandations pour les apports en sel.
  • La consommation en céréales raffinées a également diminué de 25% en 30 ans, cependant plus de 80% de la population était encore au-dessus des apports recommandés en 2010-12. 
  • La consommation d’oméga-3 d’origine marine, de fruits, de noix, d’acides gras poly-insaturés a également légèrement augmenté. En 2010-12, les faibles apports en fruits contribuaient à hauteur de 11,5% de la mortalité cardiométabolique, les faibles apports en acide gras oméga-3 pour 9,7%. Moins de 10% de la population atteignait les apports minima recommandés en fruits et produits laitiers en 2010-12.
  • Entre 1982 et 2012, la proportion de personnes répondant aux recommandations minimales en termes de céréales complètes et de légumineuses avait substantiellement diminué et la proportion d’individus qui étaient au-desssus des recommandations pour la viande rouge et les gras saturés avait augmenté.
  • La consommation d’aliments transformés et de boissons sucrées a également augmenté au cours des 3 décennies évaluées.

Ainsi, au global malgré des apports ne répondant pas aux recommandations, la proportion de la population concernée par une combinaison de 12 facteurs alimentaires en lien avec la mortalité cardiométabolique avait diminué entre 1982 et 2010-12, passant de 62,2% à 51,0%.

Principale limitation

Les effets des facteurs de risque évoqués sont principalement issus de données provenant de populations occidentales.