Les antidépresseurs pourraient augmenter le risque d’hématome sous-dural

  • Gaist D & al.
  • J Thromb Haemost
  • 14 oct. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon cette étude cas-témoins, basée sur les registres nationaux danois, les utilisateurs d’inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine (ISRS) auraient un risque accru d’hématome sous-dural (HSD) par rapport aux non utilisateurs.
  • Ce risque semble davantage présent au cours de la première année de traitement puis s’estompe par la suite.
  • Il reste peu élevé en valeur absolue, étant donnée la faible incidence de ce type d’événement (19 pour 100.000 sujets-années au Danemark), sauf en cas d’utilisation simultanée avec des anti-vitamine K ou des AINS où il est fortement majoré.

   

Une augmentation de l’incidence des hématomes sous-duraux a été observée depuis les années 1980 et a été attribuée en partie à l’administration d’antithrombotiques. Même s’ils sont le plus souvent associés à un traumatisme crânien, certaines études ont suggéré que d’autres médicaments comme les d’inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine pourraient également augmenter ce risque, par leur effet antiplaquettaire propre ou en augmentant le risque de chute. Les données sont cependant limitées.

Le risque d’hématome sous-dural augmenté sous ISRS

Une étude cas-témoins réalisée à partir des registres nationaux danois a comparé 10.885 cas d’HSD à 435.379 sujets appariés de la population générale, afin d’estimer l’impact de la prise d’antidépresseurs, et notamment d’ISRS, sur le risque de HSD après ajustement sur les comorbidités, les traitements concomitants, ou encore le niveau d’éducation et de revenus. L’utilisation d’antidépresseurs ISRS (ORa 1,32 [1,25-1,38]) et dans une moindre mesure non-ISRS (ORa 1,19 [1,13-1,26]) a pu être associée à un risque accru de HSD, par rapport à l’absence d’utilisation de ces molécules. Ces résultats semblaient indépendants de la dose administrée.

Les utilisations récentes semblent les plus à risque

Le risque était le plus élevé pour les utilisations récentes, avec un ORa de 2,55 (ORa 2,55 [2,07-3,15]) pour les ISRS et de 1,88 (ORa 2,55 [1,46-2,41]) pour les non-ISRS utilisés depuis moins d’un mois, alors qu’il s’atténuait après un an et disparaissait au-delà de 3 ans d’utilisation (ORa de 1,04  [0,93-1,17] pour les ISRS et ORa de 1,12 [0,98-1,28] pour les non-ISRD).

L’association d’antidépresseurs aux antithrombotiques ou aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) n’a pas modifié le risque de HSD par rapport aux sujets qui prenaient l’une de ces des classes de médicaments isolément. En revanche, un risque élevé était observé lors de l’utilisation concomitante d’antidépresseurs, d’anti-AVK et d’AINS, avec des ORa de 5,51 [2,70-11,22] pour les ISRS et ORa de 6,81 [2,37-19,60] pour les non-ISRS.