Les anti-androgènes peuvent augmenter l’intervalle QT


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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L’allongement de l’intervalle QT sur un enregistrement électrocardiographique peut déclencher une torsade de pointe, qui peut elle-même conduire à une mort subite par fibrillation ventriculaire. Cette séquence d’événements, rare, peut être provoquée par la prise de certains médicaments, appartenant à des classes thérapeutiques variées (antibiotiques, antiarythmiques, antipsychotiques, etc). Une équipe du Centre d’investigation clinique de l’AP-HP, de Sorbonne Université et de l’Inserm vient d’ajouter une nouvelle classe à la liste : les anti-androgènes.

Pour cela, elle a consulté la base internationale de pharmacovigilance Vigibase (gérée par l’OMS). Parmi les patients recevant un anti-androgène, elle a identifié 184 cas d’allongement de QT, dont 68 ont fait une torsade de pointe ; parmi ces derniers, 7 sont décédés, dans un délai moyen de 92 jours après la prise d’anti-androgènes. Parmi ceux-ci, le plus fréquemment incriminé était l’enzalutamide.

Dans des cultures in vitro de cellules-souches pluripotentes, cet anti-androgène augmentait la durée des potentiels d’action et allongeait la repolarisation cardiaque (traduite par l’intervalle QT) après stimulation électrique. Il diminuait les flux membranaires de potassium et accentuait ceux de sodium. Ces effets étaient corrigés par l’administration de dihydrotestostérone.

Les auteurs concluent qu’il convient de pratiquer un suivi cardiaque rapproché ainsi qu’un bilan des ions sanguins (potassium, calcium, magnésium) chez les patients traités par anti-androgènes pour un cancer de la prostate.