Les AINS ont-ils une place en cas de saignements menstruels abondants ?

  • Zghal I & al.
  • Tunis Med
  • 1 janv. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une récente revue Cochrane a évalué l’efficacité et la tolérance des AINS dans les traitements menstruels abondants. Ces médicaments agissent sur la formation des prostaglandines pro-inflammatoires, or celles-ci sont élevées chez les femmes qui souffrent de règles abondantes. Ce qui positionne les anti-inflammatoires parmi les traitements potentiels, bien souvent en association à un traitement hormonal ou antifibrinolytique. Les analyses ont mis en évidence que les AINS sont plus efficaces que le placebo mais moins efficaces que d’autres traitements comme l’acide tranexamique, le danazol (non indiqué dans ce contexte en France) et les dispositifs intra-utérins au lévonorgestrel pour réduire les saignements menstruels abondants. Les AINS seront éventuellement associés à ces traitements pour leur action sur la douleur, mais n’ont pas d’impact sur les saignements.

Protocole de l’étude

Les recherches bibliographiques ont été réalisées à partir du registre spécialisé en gynécologie et fertilité de Cochrane, le registre central d’études en ligne Cochrane, MEDLINE, Embase, PsycINFO et les registres des essais clinique et références des articles. Bien que 19 essais comparatifs randomisés aient été identifiés (759 femmes), seuls 9 étaient appropriés aux analyses menées par cette revue Cochrane. Les femmes incluses étaient en demande d’un traitement pour soulager des règles trop abondantes.Le nombre d’études inclus est faible et leur qualité est faible à modérée.

Que disent les recommandations françaises ?

Le Collège National des gynécologues et obstétriciens français a établi en 2008 des recommandations de « Prise en charge des ménométrorragies en préménopause »1. Dans ces recommandations, il est rappelé que les ménométrorragies chez la femme en période d’activité génitale et en dehors de la grossesse correspondent à des règles de plus de 7 jours avec une perte sanguine supérieure à 80 mL. Au global, 11 à 13% de la population générale féminine serait concernée par les ménométrorragies. Le traitement dépendra du désir ou non de grossesse. En cas de désir de grossesse potentiel, et hors situation de ménométrorragies organiques, le traitement des ménométrorragies idiopathiques de première intention est médical : DIU au lévonorgestrel (grade A), acide tranexamique (grade A), contraceptif oraux oestroprogestatifs (grade B), progestatifs de synthèse 12 jours par mois (grade B) ou AINS (grade B). L’acide tranexamique sera préféré en cas de contre-indication aux traitements hormonaux ou de désir de grossesse immédiat. Chez les femmes qui n’ont plus de désir de grossesse, les ménométrorragies idiopathiques peuvent être prises en charge en première intention par un DIU au lévonorgestrel (ou par l’acide tranexamique par défaut), et en cas d’échec, un traitement chirurgical conservateur pourra être proposé. Dans toutes les situations, les cas d’anémie ferriprive doivent être pris en charge.