Leçons issues de l’épidémiologie et des facteurs de risques de MCV environnementaux, présentées à l’EAS 2018 à Lisbonne, par le conférencier en séance plénière Salim Yusuf (Hamilton, États-Unis)


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Par Jane Stock


La maladie cardiovasculaire (MCV) fait partie des principales causes de morbidité et de mortalité prématurée à travers le monde. Même si la mortalité normalisée en fonction de l’âge due à la MCV a diminué dans de nombreuses régions du monde, le nombre absolu de décès continue d’augmenter.  INTERHEART, une étude de cas-témoins impliquant 52 pays à travers le monde, a démontré que neuf facteurs de risque, tels que des taux lipidiques anormaux, le tabagisme, l’hypertension, le diabète, l’obésité abdominale, les facteurs psychosociaux, la consommation de fruits et de légumes, et d’alcool, ainsi que la pratique d’une activité physique régulière, comptaient pour plus de 90 % du risque attribuable à la population pour l’infarctus du myocarde (IM). Parmi eux, la dyslipidémie (définie par le rapport entre apolipoprotéines B/AI) était le facteur de risque unique le plus important pour le premier IM. Pourtant, la persistance de la variation dans les facteurs de risque de MCV indique qu’il a des facteurs supplémentaires qui s’appliquent aux « populations ». En d’autres termes, l’environnement influence également le risque de MCV. Il y a cependant des problèmes dans l’analyse de l’impact des différents facteurs environnementaux, étant donné la possibilité de facteurs confusionnels parmi les multiples facteurs hautement corrélés.

L’interprétation des données épidémiologiques nécessite également de faire preuve de prudence. Par exemple, la tension artérielle et le cholestérol à lipoprotéines de basse densité (Low Density Lipoprotein Cholesterol, LDL-C) montrent des associations progressives en continu avec le risque cardiovasculaire dans les études observationnelles. Dans des essais contrôlés randomisés, l’abaissement des taux de LDL-C réduit le risque de MCV avec le bénéfice absolu atteint dépendant du taux de LDL-C de référence et de l’ampleur absolue de la diminution du taux de LDL-C. En effet, une récente analyse de l’étude Recherche approfondie des résultats cardiovasculaires avec l’inhibition de PCSK9 chez des sujets à risque élevé (FOURIER) n’a montré aucun seuil inférieur pour le lien entre la réduction absolue des taux de LDL-C et la réduction absolue des événements de MCV. Par ailleurs, les données de l’essai ont suggéré qu’il existe un seuil plus bas pour le bénéfice dû à l’abaissement de la tension artérielle. Dans les essais de prévention primaire, la diminution de la tension artérielle ne réduisait le risque de MCV que chez les patients atteints d’une hypertension établie, mais pas chez ceux dont les taux de tension artérielle étaient normaux. Il pourrait donc être inapproprié d’interpréter le fardeau de la maladie associée seulement à partir des données observationnelles. En ce qui concerne les effets du régime alimentaire, les résultats issus de l’étude d’épidémiologie urbaine prospective (PURE) ont fourni de nouvelles informations sur le lien entre les différents nutriments et les événements de MCV et la mortalité. Néanmoins, il est important de noter que même s’il y a eu de grandes avancées dans la compréhension globale de l’épidémiologie de la MCV, il demeure des lacunes dans les données probantes, en particulier dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.

 

Dr Salim Yusuf donnera une conférence plénière « Leçons issues de l’épidémiologie et des facteurs de risques de MCV environnementaux » dans le cadre de la séance FACTEURS ET PRÉDICTEURS DE RISQUE POUR LA MALADIE CARDIOVASCULAIRE, lors du 86e congrès de l’EAS qui se tiendra à Lisbonne, du 5 au 8 mai 2018.

Salim Yusuf, Hamilton, États-Unis(LIEN : https://eas2018.com/speaker/1240?utm_source=snapshot&utm_medium=univadis&utm_campaign=november&utm_content=plenary1)

Salim Yusuf est un cardiologue et un épidémiologiste internationalement reconnu, dont le travail a influencé de manière considérable depuis 35 ans la prévention et le traitement de la MCV. Après avoir obtenu son diplôme de médecine à Bangalore en 1976, Dr Yusuf a obtenu un doctorat en philosophie à Oxford, dans le cadre d’une bourse d’études Rhodes (Rhodes Scholarship). À cette période, il a initié les concepts d’essais simples de grande envergure et de méta-analyse. Il a coordonné les études internationales de l’essai sur la survie à l’infarctus qui ont permis d’établir la structure du futur travail de collaboration internationale dans le cadre de la maladie cardiovasculaire et a démontré la valeur des bêtabloquants dans l’infarctus du myocarde. En 1984, Dr Yusuf est entré aux Instituts nationaux de la santé à Bethesda, États-Unis, où il est devenu un des chefs de file des études de l’essai sur le dysfonctionnement ventriculaire gauche (SOLVD ; qui établissent la valeur des inhibiteurs d’ECA dans le dysfonctionnement ventriculaire gauche) et de l’essai DIG (qui clarifie le rôle de la digitalique). En 1992, il est entré à l’université McMaster (McMaster University) où il a mis en place un programme international de recherche sur la maladie cardiovasculaire et la prévention, dont le point d’orgue a été la création de l’Institut de recherche en santé des populations, qu’il a fondé et qu’il préside.

Le travail réalisé par son groupe a résulté en une meilleure compréhension globale des facteurs de risque de la maladie cardiaque et des accidents vasculaires cérébraux, et en la découverte de nouveaux traitements, tels que les inhibiteurs d’ECA, le traitement antiplaquettaire double et les nouveaux agents antithrombotiques pour réduire les événements cardiovasculaires et la mortalité. Actuellement, son travail explore le rôle de l’environnement, des politiques en matière de santé et des systèmes de santé dans l’impact qu’ils peuvent avoir sur la mortalité due à la maladie cardiovasculaire à l’échelle mondiale. Dr Yusuf est président de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC de l’Ontario, a reçu plus de 40 récompenses internationales et nationales pour la recherche et, en 2014, il a été intronisé membre de la Société du Canada et nommé Officier de l’Ordre du Canada.

 

 

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L’EAS 2018 à Lisbonne est l’endroit où se rendre pour un aperçu des applications concrètes des toutes dernières recherches dans le domaine. Soyez inspirés par la conférence du lauréat du prix Anitschkow, par les remarquables conférences inaugurales, par les séances plénières de la plus haute qualité ainsi que par les ateliers ciblés et les séminaires cliniques avancés.