Le virus Epstein-Barr favoriserait le développement de sept maladies auto-immunes

  • Harley JB & al.
  • Nat Genet
  • 16 avr. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Une étude parue dans Nature Genetics confirme qu’il existerait bien un lien de causalité derrière l’association entre l’infection par le virus Epstein-Barr (EBV) et le risque de développer un lupus érythémateux disséminé (LED). De façon inattendue, les chercheurs à l’origine de ce travail ont observé que ce virus pouvait aussi jouer un rôle dans le risque de développer six autres maladies auto-immunes chroniques : la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde, l’arthrite juvénile idiopathique, le syndrome de l’intestin irritable, la maladie cœliaque et le diabète de type 1.

Le point de départ de cette étude repose sur les liens entre EBV et LED, pouvant notamment expliquer le risque 50 fois supérieur chez l’enfant de développer la maladie en cas d’infection par le virus : en effet, les études d'association génétique pangénomique (ou GWAS) ont déjà permis d’identifier plus de 50 loci associés à la susceptibilité de développer une LED, qui sont sous l’influence de régions de régulation génétique. Sachant que l'infection des lymphocytes B par EBV engendre la production d’EBNA2, une protéine capable d’interagir avec des facteurs de transcription humains, les auteurs ont voulu vérifier si cette cascade pouvait spécifiquement influencer les loci de susceptibilité au LED.

Pour ce travail, les chercheurs ont développé un algorithme RELI ( Regulatory Element Locus Intersection ) permettant d’évaluer l’existence d’interactions entre certains variants génétiques et les régions de l’ADN fixant les facteurs de transcription. Ils ont pu confirmer des centaines de ces interactions en analysant 213 phénotypes de maladies et 1.544 sites de fixation des facteurs de transcription. Parmi elles, près de la moitié des loci favorisant le développement du LED sont apparus sous l’influence directe de l’EBNA2 et des facteurs de transcription qui lui sont associés. Et ils ont aussi découvert que ces derniers avaient aussi une affinité pour les phénotypes propres des 7 autres maladies auto-immunes.

Cette étude confirmerait que l’interaction des gènes avec l’environnement contribue significativement au risque de développer une maladie auto-immune. Étant donné la fréquence de l’infection à EBV dans la population générale, cette étude apporte des informations précieuses pour mieux comprendre l’origine de l’auto-immunité. Les auteurs soulignent que quatre des 20 facteurs de transcription qui interagissent avec EBNA2 au niveau des loci d’intérêt sont la cible de molécules déjà disponibles (MED1, p300, NFKB1 and NFKB2) et pourraient constituer une piste d’action thérapeutique.