Le tocilizumab : une arme contre les formes sévères de COVID-19 ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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L’étude CORIMUNO -TOCI est l’un des essais constituant CORIMUNO-19, une étude dans laquelle plusieurs essais randomisés contrôlés sont menés afin de tester l’intérêt de plusieurs anticorps ou immunomodulateurs dans le traitement du COVID-19. En effet, il est désormais bien décrit que l’orage cytokinique qui survient quelques jours après les premiers symptômes de cette infection peut conduire à une situation hyperinflammatoire et procoagulante associée aux formes graves de la maladie à risque de décès. Dans  CORIMUNO-TOCI , les patients inclus devaient présenter une pneumonie COVID-19 moyenne ou sévère, mais ne nécessitant pas de réanimation au moment de l'inclusion.

Selon l’AP-HP et Reacting/Inserm [1], les données préliminaires de cette étude sont favorables : le besoin en ventilation mécanique ou non invasive ou la survenue d’un décès à J14 (critère de jugement composite) étaient inférieurs dans le groupe des patients ayant reçu le tocilizumab associé à la prise en charge standard (n=65), par rapport à la prise en charge standard seule (n=64). Malheureusement, les données n’ont pas été rendues publiques, les résultats devant être soumis à un journal à comité de lecture.

Données concordantes

Dans le même temps, une autre équipe française a publié sur MedRxiv (non relu par les pairs, dont l’interprétation nécessite d’extrêmes précautions [2]) des résultats issus d’une étude non randomisée dans laquelle 30 patients sélectionnés (

Tous les anti-IL-6 peuvent-ils apporter le même bénéfice dans le traitement du COVID-19 ?

Pour autant, les données relatives au sarilumab pourraient être moins favorables. Ce dernier présente un mécanisme d’action différent puisqu’il bloque l’IL-6, tandis que le tocilizumab en bloque le récepteur. Les données préliminaires d’une étude de phase 2/3 menée chez 358 patients sévères ou critiques ont été évoquées hier par les promoteurs de l’étude (Sanofi et Regeneron Pharmaceuticals) [4] : l’administration d’une dose de 200 mg ou de 400 mg n’a pas permis d’améliorer le pronostic de patients sévères ou critiques. L’analyse distincte des deux groupes de patients a toutefois montré des tendances positives pour le seul groupe des cas critiques avec une amélioration clinique favorable (51% et 59% sous 200 et 400 mg vs 41% sous placebo), et un critère « décès ou ventilation » favorable (46% et 32% vs 55%, chacun des deux paramètres correspondant respectivement à 36% et 23% vs 27% et 10% et 9% vs 27%). L’étude de phase 3 est donc poursuivie uniquement dans le groupe des patients critiques avec une posologie unique fixée à 400 mg.