Le test immunologique a-t-il réellement contribué à élargir le dépistage du cancer colorectal ?

  • Dig Liver Dis

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

La population éligible au dépistage du cancer du côlon n’a cessé d’augmenter      en Ille-et-Vilaine entre 2003 et 2015, parallèlement le dépistage par test au gaïac n’a cessé de diminuer. Conséquence de cette moindre implication, le nombre de cancers détectés a diminué. Un rebond net du dépistage a cependant été constaté lors de la mise à disposition du test immunologique. Ce test plus sensible a également augmenté le nombre de cancers détectés grâce au dépistage, y compris pour les différents stades de transformation maligne.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Depuis longtemps des études ont montré que les tests immunologiques étaient plus sensibles que les tests au gaïac, ce qui a pu être un frein à la généralisation du dépistage du cancer colorectal. Peu d’études ont été menées pour évaluer l’impact des programmes de dépistage par cette dernière technique par rapport à la première, or ceci pourrait être une source de motivation complémentaire à la réalisation du dépistage.

Méthodologie

Cette étude a comparé les données des dépistages par test de recherche de sang occulte dans les selles (RSOS) du cancer colorectal sur 15 ans, sur une population de un million de personnes (six cycles de dépistage de test au gaïac (RSOSg) et un cycle par test immunologique (RSOSi) ou test immunologique fécal (TIF) à la valeur limite de 30 microgrammes d’hémoglobine par gramme. Les données proviennent d’Ille-et-Vilaine, la première zone française ayant implanté le dépistage national du CCR en 2003. Les analyses ont porté sur 7 périodes de 2 ans (2003-2005, 2005-2007, 2007-2009, 2009-2011, 2010-2012, 2012-2014, 2015-2017).

Principaux résultats

Entre 2003 et 2015, la population d’Ille-et-Vilaine âgée de 50 à 74 ans a augmenté de +2% par an en moyenne. L’âge moyen de la population cible était de 59 ans et le sexe ratio (hommes/femmes)de 0,91.

  • La participation au dépistage par RSOSg était la plus élevée lors de la première période d’évaluation (2003-2005) puis elle a diminué progressivement pour atteindre 33,9% en 2012-2014 avant de rebondir avec l’utilisation du TIF à 53,4% en 2015-2017.
  • Pour chacune des périodes étudiées le taux de participation était plus fort pour les femmes que pour les hommes, et augmentait avec l’âge.
  • Le regain d’intérêt pour le dépistage lors de la mise à disposition du TIF a été constaté sur tous les groupes d’âges, mais tout particulièrement chez les 50-54 ans et les 70-74 ans, classes d’âges pour lesquelles il a respectivement dépassé 50% et 70%.
  • La réalisation d’une coloscopie à la suite d’un test positif était supérieure à 90% sur toutes les périodes évaluées. Et à chaque période, la réalisation d’une coloscopie était cette fois-ci supérieure chez les hommes que chez les femmes. 
  • La valeur prédictive positive (VPP) d’un cancer était plus élevée lors de la première période évaluée et diminuait progressivement (de 11,1% à 4,9%) avec le test au gaïac avant de rebondir également à la 7période avec le test TIF (p