Le Tai Chi, plus efficace qu’un programme d’activité physique sur la prévention des chutes

  • Li F & al.
  • JAMA Intern Med
  • 10 sept. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Deux sessions hebdomadaires de 60 minutes de Tai Chi, d’activité physique multimodale ou d’étirements (contrôle) durant 24 mois ont-elles la même capacité à prévenir les chutes des personnes âgées à risque ? Selon une étude randomisée américaine ayant comparé le taux de chutes six mois après la fin du programme, les personnes âgées ayant suivi des séances de Tai Chi avaient moins souvent chuté que les autres (11 chutes pour 100 personnes-mois contre 16 dans le groupe d’exercice multimodal et 27 pour le groupe étirements). Le taux de chutes ayant entraîné une blessure était également inférieur pour le groupe Tai Chi. Parallèlement, ces sujets, comme ceux ayant pratiqué l’exercice multimodal, avaient de meilleures performances physiques à 6 mois (critères secondaires) que ceux du groupe stretching, sans différence entre les deux groupes.

  • Cette étude est la première à comparer plusieurs approches préventives validées et à démontrer qu’un programme de Tai Chi développé spécifiquement dans l’objectif de prévenir les chutes des sujets âgés peut être plus efficace qu’un programme d’exercices multimodal.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée?

Le vieillissement de la population accentue l’importance des chutes dans le domaine de la santé publique. Afin de réduire la morbimortalité associée à ces évènements et les coûts associés, il est intéressant de proposer aux sujets âgés les approches préventives les plus efficaces possibles.

Méthodologie

  • L’étude randomisée menée en groupes parallèles en simple aveugle a été menée chez des sujets de 70 ans ou plus, ayant chuté dans les 12 mois précédents, considérés à risque de chutes (test timed up and go > 13,5 sec) et devant pouvoir suivre un programme d’activité physique.

  • Les sujets inclus étaient randomisés (1:1:1) entre 2 sessions hebdomadaires de 60 minutes de Tai Chi (programme de 8 exercices sélectionnés spécifiquement, Tai Ji Quan: Moving for Better Balance [1] ), d’activité physique multimodale (programme d’exercices portant sur la force, l'équilibre et la souplesse [2]), ou le programme contrôle, incluant exercices d’étirements, de respiration et de relaxation, le plus souvent en position assise.

Principaux résultats

  • Au total, 581 participants ont été recrutés (77,7 ans, 65,1% de femmes, 72,4% de chuteurs dans les 6 précédents mois) et répartis entre les trois groupes.

  • Le taux de participation aux ateliers était similaire dans les 3 groupes à l’issue des 24 mois (78% dans le groupe Tai Chi, 77% dans les deux autres).

  • À 6 mois, 48,4% de la cohorte incluse a chuté soit 733 chutes chez 324 participants, dont 85 du groupe Tai Chi, 112 du groupe d’exercice multimodal et 127 du groupe contrôle .

  • L’incidence des chutes était significativement plus faible dans le groupe Tai Chi que dans les deux autres (p=0,04 et p

  • Si le nombre de chutes à conséquences modérées était similaire entre les 3 groupes (88 chutes vs 109 et 156, p=0,05), celles qui avaient eu des conséquences importantes (fracture, blessure à la tête, nécessitant des points de suture, une admission aux urgences ou une hospitalisation) étaient moins élevées dans le groupe Tai Chi que dans le groupe contrôle (8 vs 25, p=0,008).

  • Différents paramètres de performance physique (critères secondaires : tests de portée fonctionnelle, tests des fonctions physiques et cognitives…) montraient la supériorité des deux approches validées sur le groupe contrôle.

Financement

L'étude a reçu un financement du National Institute for Aging.