Le syndrome de l’intestin irritable expose à un risque osseux

  • Wongtrakul W & al.
  • Osteoporos Int
  • 1 févr. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon une méta-analyse, le risque d’ostéoporose et de fracture ostéoporotique serait statistiquement supérieur chez les sujets souffrant de syndrome de l’intestin irritable par rapport à des sujets contrôles.

  • Les auteurs évoquent plusieurs hypothèses mécanistiques liées à la maladie intestinale comme l’inflammation chronique, la stimulation de l’axe adrénergique hypothalamo-pituitaire, les troubles nutritionnels et les médicaments prescrits pour la traiter. Quoiqu’il en soit, il semble important de prévenir ce risque par une prise en charge adaptée, notamment lorsque les patients cumulent d’autres facteurs de risque d’ostéoporose.

Plusieurs publications ont évoqué la possibilité que le syndrome de l’intestin irritable constitue un facteur de risque d’ostéoporose, mais la robustesse des analyses et l’amplitude de cette association invitent à une analyse poolée des données disponibles.

Entre 55 et 95% de sur-risque

La méta-analyse qui a été conduite sur les principales bases de données a identifié in fine 4 études de cohorte et une étude transversale parues sur le sujet avant octobre 2019. Il s’agissait de 2 études américaines, 2 études taiwanaises et une coréenne ayant au total rassemblé 526.633 participants d’âge moyen compris entre 46,4 et 51,8 ans.

Le risque d’ostéoporose était doublé selon l’analyse poolée des résultats, avec un ratio de risque de 1,95 ([1,04-3,64], I2=100%). Une analyse en sensibilité ayant exclu l’une des études taiwanaises (les deux étant issues d’une même base de données) et une seconde ayant exclu l’étude transversale ont toutes les deux confirmé l’association avec un ratio de risque respectif de 2,10 ([1,07-4,13], I2=100%) et de 1,55 ([1,39-1,72], I2=59%).

Parallèlement, le risque de fractures ostéoporotiques était également augmenté, avec un ratio de risque de 1,58, non significatif. En revanche, l’analyse en sensibilité, ayant exclu l’étude transversale a permis de confirmer l’association de façon significative cette fois (RR : 1,27 [1,20-1,39], I2=0%).