Le sur-risque de cancer lié aux cardiopathies congénitales…

  • Mandalenakis Z & al.
  • JAMA Netw Open
  • 3 juil. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude suédoise soutient, comme d’autres auparavant, l’existence probable d’une association entre le fait d’avoir présenté une cardiopathie congénitale et celui de présenter un risque accru de cancer au cours de l’existence. Cette association pourrait à la fois être liée à des facteurs génétiques (certaines mutations prédisposant aux cardiopathies congénitales et à un risque tumoral), environnementaux (exposition in utero à des composés à risque) et thérapeutiques (faibles doses de rayonnements lors des procédures diagnostiques et thérapeutiques).

L’originalité de cette étude est, contrairement aux précédentes, d’avoir suivi les cohortes depuis leur enfance jusqu’à l’âge adulte, offrant ainsi une évaluation du risque cumulé au cours de la vie. Si des études démontrant la causalité seraient bienvenues, la solidité des preuves accumulées jusqu’à présent invitent à un suivi rigoureux de cette population tout au long de la vie.

Conception de l’étude et résultats

  • Dans ce travail, tous les sujets issus du registre de santé suédois nés entre 1970 et décembre 1993 diagnostiqués avec une cardiopathie congénitale (CC) ont été identifiés et appariés à 10 sujets contrôles issus des mêmes registres sur la base du sexe, de l’âge et de la région. Le suivi de tous ces sujets a été mené sur une période maximale de 41 ans (suivi médian 26 à 27 ans).
  • Les données de 21.982 patients CC ont ainsi été comparées à 219.816 sujets contrôles (51,6% d’hommes, 34,3% nés entre 1970 et 1979, 24,2% nés entre 1990 et 1993). L'incidence cumulée du cancer augmentait avec l’âge, celle concernant la cohorte CC étant supérieure à celle de la cohorte contrôle 4,5% vs 2,5% sur l’ensemble du suivi, soit un risque relatif de 2,24 (hazard ratio [2,01-2,48]), sans différence entre les hommes et les femmes.
  • Parmi les sujets CC, ceux ayant présenté des anomalies cono-truncales présentaient le risque le plus élevé (HR 2,29 [1,62-3,25]), suivi de ceux ayant présenté une coarctation de l'aorte (HR 2,00 [1,27-3,16]) ou une communication interventriculaire (HR 2,00 [1,57-2,56]).
  • Le risque se concentrait principalement en un risque de tumeur digestives (ratio du taux d’incidence 3,58 [2,58-4,98]), tandis que le risque de cancer cutané était identique dans le groupe CC et témoin.