Le suivi post-AVC en soins primaires pourrait être amélioré

  • Santos E & al.
  • Rev Neurol (Paris)
  • 4 oct. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une étude française, menée dans le sud-ouest de la France, a permis de décrire le parcours de soins de 79 patients suivis par leur médecin traitant durant l’année suivant un AVC (ischémique ou hémorragique). Elle met en évidence un certain nombre d’écarts avec les recommandations françaises concernant le recours aux spécialistes : si la fréquence des consultations du médecin traitant étaient en accord avec les textes, l’orientation du patient vers un neurologue ou vers les professionnels habituellement impliqués dans les séquelles post-AVC était insuffisante.

  • Certains des médecins traitants participants, qui ont été interviewés durant cette étude, ont rapporté les difficultés d’organisation du parcours de soins liées à l’insuffisance locale des ressources en professionnels médicaux (n=15) ou paramédicaux (n=6).

  • Si le petit nombre de parcours de soins analysés limite la portée de ces conclusions, cette étude montre néanmoins que les recommandations ne sont pas suivies pour une partie des patients ayant souffert d’un AVC. Le recours à une évaluation neuropsychiatrique paraît notamment insuffisant, selon les auteurs de l’étude.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Les recommandations françaises préconisent que les sujets ayant souffert d’un AVC consultent leur généraliste dans le mois suivant l’évènement, puis tous les 3 mois. Le médecin traitant doit, lui, adresser le patient à un neurologue dans les 6 premiers mois, afin d’optimiser la prise en charge post-AVC, ainsi qu’aux spécialistes aptes à prendre en charge les séquelles spécifiques de leur patient (incapacité fonctionnelle, troubles neuropsychiatriques…). Des études menées à l’étranger ont révélé que le parcours de soins articulé par le médecin traitant n’était pas toujours optimal. Cette étude française vient d’établir un premier état des lieux.

Méthodologie

L’étude observationnelle a été menée auprès de sujets volontaires recrutés 14 à 16 mois post-AVC dans le sud-ouest de la France. Ils devaient accepter de répondre à des questionnaires permettant de qualifier leur état de santé (score d’incapacité de Rankin, troubles cognitifs par questionnaire TICS, état de santé grâce à l’outil EQ-5D-3L, limitation des activités quotidiennes par l’indice de Barthel, la fatigue par le score FSS et l’anxiété et la dépression selon le score HAD). Parmi les sujets ayant accepté, seules les données de ceux dont le médecin traitant avait accepté de participer ont été analysées : ils ont précisé le parcours de soins du patient sur la première année post-AVC, ainsi que le motif de chacune des orientations médicales ou paramédicales qu’il lui avait proposé.

Principaux résultats

  • Les données de 79 sujets ont pu être analysées. Parmi eux, 49,4% présentaient une anxiété et/ou une dépression, 45,6% présentaient une fatigue significative, 34,2% avaient une incapacité modérée à sévère nécessitant de l’aide et 20,3% avaient des troubles cognitifs.

  • Le nombre médian de visite chez le médecin traitant était de 10, dont 96,2% avaient été planifiées pour le suivi post-AVC.

  • Au total, 83,6% des patients avaient eu une consultation avec un cardiologue et 53,2% avec un neurologue durant l’année ayant suivi l’AVC. Seuls 6,3% avaient consulté un spécialiste de médecine physique et de réadaptation, et le même nombre avait visité un psychiatre. En termes de prise en charge paramédicale, 44,3% avaient bénéficié d’une rééducation motrice, 26,6% d’une orthophonie, 7,6% avaient été suivis par un psychologue et 29,1% par une infirmière.

  • Les sujets présentant l’incapacité la plus forte ou le moins bon état de santé EQ-5D-3L avaient plus souvent consulté un neurologue et avaient plus souvent un suivi infirmier. De même, les sujets présentant la plus forte limitation dans les activités quotidiennes avaient plus souvent bénéficié d’un suivi infirmier. Enfin, ceux qui présentaient les plus forts scores de TICS bénéficiaient plus fréquemment d’un suivi orthophonique.