Le suivi par coloscopie doit-il différer en cas de diverticulite compliquée ou non compliquée ?

  • Gastrointest Endosc

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Une étude rétrospective montre qu’il est important de procéder à un suivi par coloscopie après un diagnostic de diverticulite puisque le risque de cancer colorectal est significativement augmenté chez ces patients par rapport à une population générale devant bénéficier d’une coloscopie pour un dépistage classique. En revanche, le fait de détecter une diverticulite compliquée ne modifierait pas le niveau de risque de cancer colorectal ou d’adénome avancé. Ainsi, ces résultats confirment l’intérêt d’un suivi coloscopique chez les patients ayant une diverticulite que celle-ci soit compliquée ou non.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Les diverticuloses sont retrouvées chez 65% environ des plus de 80 ans. La diverticulite, elle, surviendrait chez 5 à 25% de ces patients. La tomodensitométrie abdomino-pelvienne est l’examen clé de cette situation clinique. Certaines données indiquent que les patients ayant une diverticulite compliquée seraient à plus fort risque de cancer, mais la plupart des patients ne présentent pas cette forme. Il était donc utile d’évaluer l’incidence des tumeurs (adénome avancé et cancer colorectal) chez les sujets ayant reçu le diagnostic de diverticulite compliquée et non compliquée par rapport à ceux devant subir un dépistage classique par coloscopie.

Méthodologie

Entre 2008 et 2013, des patients ayant reçu le diagnostic de diverticulite aiguë au sein de 2 centres hospitaliers de Pittsburgh ont été inclus dans les analyses. L’incidence des cancers de cette population a été comparée d’une part à celle d’une méta-analyse incluant des patients qui devaient subir une coloscopie de dépistage (n=68.324) et d’autres part à celle d’une population devant subir une coloscopie de dépistage entre 2013 et 2015 dans les mêmes centres de soin de Pittsburgh (n=200 coloscopies).

Principaux résultats

À partir des 5.167 tomodensitométries abdominales et pelviennes réalisées, 978 patients ont été définis comme porteurs d’une diverticulite aiguë. Tous ces patients ont été suivis au moins 2 ans. L’âge moyen était de 62 ans, 45,5% étaient des hommes et 75,9% avaient reçu le diagnostic de diverticulite non compliquée. Le délai médian entre le diagnostic et la coloscopie ou la chirurgie post-diagnostic était de 116 jours.

  • Le taux de cancer colorectal chez les patients présentant des diverticulites était significativement supérieur à celui retrouvé chez les patients devant subir une coloscopie de dépistage issus de la méta-analyse et des deux centres de soin (respectivement 2,7% vs 0,8% et 0,3%).
  • Le taux d’adénome avancé était assez similaire chez les patients qui présentaient des diverticules versus celui des patients en dépistage coloscopique classique issus de la méta-analyse (respectivement 4,0% vs 5,0%). En revanche, le taux d’adénome avancé était significativement plus bas chez les sujets du même centre ayant précédemment reçu le diagnostic de diverticulite que chez ceux participants à un dépistage (respectivement 4,0% vs 7,7%).
  • Enfin, l’incidence de l’adénome avancé ou du cancer colorectal chez les patients porteurs de diverticulite compliquée n’était pas significativement différente de celle retrouvée chez les patients ayant des diverticulites non compliquées (respectivement 7,1% et 6,6%).

Principales limitations

Étude rétrospective.