Le sexe du médecin influence-t-il le pronostic du patient ?

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Les études suggèrent que les hommes et les femmes ne pratiquent pas la médecine de la même façon : ces dernières proposeraient plus souvent des soins préventifs, suivraient plus scrupuleusement les recommandations et répondraient plus largement aux besoins psychosociaux. À l'inverse, d'autres arguments sont parfois avancés sur le fait que le travail à temps partiel et leur partage entre fonctions et vie de famille peut compromettre la qualité des soins. Jusqu'à présent, aucune donnée n'est disponible pour décrire dans quelle mesure le pronostic des patients peut être influencé par le sexe de leur médecin. Aussi, des chercheurs américains ont conduit une étude auprès de bénéficiaires de Medicare et hospitalisés pour un problème médical. L'objectif était d'évaluer si leur pronostic était différent selon que l'interniste les prenant en charge était un homme ou une femme et si d'autres paramètres pouvaient influencer ce pronostic.

Méthodologie

  • L'étude a été conduite à partir d'un échantillon de 20% des bénéficiaires de Medicare âgés de 65 ans au moins et hospitalisés dans un service de soins aigus entre janvier 2011 et décembre 2014.

  • La relation entre le sexe du praticien et les taux de mortalité et de réadmission à 30 jours a été évaluée, après ajustement sur les caractéristiques des patients et des médecins.

  • Trois modèles de régression ont été utilisés : le premier consistait à comparer le pronostic selon le sexe du médecin après avoir ajusté les caractéristiques des patients. Dans le second, l'ajustement était également fait en fonction des indicateurs propres à l'hôpital (selon les caractéristiques des praticiens d’un même hôpital). Dans le troisième, les caractéristiques propres au praticien, hormis son sexe, ont été prises en compte.

  • L'analyse a également été conduite pour huit pathologies entraînant couramment une hospitalisation (pneumonie, sepsis, insuffisance cardiaque congestive, arythmie, hémorragie gastro-intestinale, infection urinaire, insuffisance rénale aiguë), et selon la sévérité de celles-ci.

  • L'analyse des potentiels mécanismes a notamment été conduite en fonction de la durée du séjour hospitalier, due nombre de sujets Medicare que les médecins prenaient en charge annuellement et de l'orientation à la sortie de l'hôpital.

Résultats

  • Les internistes ayant traité au moins un patient bénéficiant de Medicare étaient 58.344, dont 18.751 (32,1%) étaient des femmes. Ces dernières étaient en moyenne plus jeunes (42,8 vs 47,8 ...