Le score calcique a-t-il un intérêt en milieu de vie en présence de facteurs de risque cardiovasculaire ?

  • Miedema MD & al.
  • JAMA Netw Open
  • 3 juil. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

L’âge étant un facteur de risque cardiovasculaire important, le risque cardiovasculaire est de fait diminué chez les adultes jeunes, même en présence de facteurs de risque cardiovasculaire. Le score coronaire utilisé pour les plus âgés, est un marqueur direct de l’athérosclérose et un outil d’aide à la décision thérapeutique. Les résultats d’une étude basée sur une large cohorte d’individus âgés de 30 à 49 ans montrent cependant l’intérêt du score calcique dans cette tranche d’âge car en effet :

  • La prévalence de la calcification coronaire serait de 34,4% chez les adultes de 30 à 49 ans ayant des facteurs de risque cardiovasculaire.
  • Le risque de mortalité d’origine coronarienne, cardiovasculaire et toutes causes confondues serait significativement augmenté chez les adultes jeunes ayant un score calcique élevé.

Ainsi, le score calcique coronaire est un outil d’aide à la décision même en milieu de vie  en présence de facteurs de risque cardiovasculaire, afin de renforcer au moins l’adoption précoce de mesures hygiéno-diététiques adaptées. 

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Contrairement aux populations âgées, les données robustes sur l’intérêt du score calcique coronaire chez les adultes plus jeunes manquent. D’où l’intérêt de cette étude menée chez une large population et avec un suivi relativement long. 

Méthodologie

Cette étude multicentrique rétrospective a été conduite à partir d’une cohorte d’individus du Consortium américain CAC ayant subi une mesure de calcification coronaire entre 1991 et 2010. Les sujets ont ensuite été suivis jusqu’à juin 2014. La calcification coronaire, elle, a été mesurée par scanner.

Principaux résultats

La cohorte évaluée comprenait 22.346 sujets (âge moyen 43,5 ans, 75% d’hommes). Parmi eux, 49,6% avaient une dyslipidémie, 49,3% des antécédents familiaux de coronaropathie, en revanche la proportion de fumeurs était faible (11,0%) et seulement 3,9% des sujets inclus étaient diabétiques. À l’inclusion, le risque cardiovasculaire moyen à 10 ans était de 2,2%, et il était inférieur à 5% chez 92,7% des individus de la cohorte.

La prévalence de la calcification calcique de la population évaluée était de 34,4%. ainsi, il suffisait de dépister 3 individus pour détecter une calcification calcique. Par ailleurs, 7,2% de la population avaient un score calcique supérieur à 100. Durant le suivi moyen de 12,7 ans, 298 décès toutes causes confondues ont été notifiés. Parmi eux, 40 individus sont décédés de coronaropathie et 84 de maladie cardiovasculaire. Le cancer (28,9%) et les maladies cardiovasculaires (28,2%) constituaient les premières causes de mortalité. 

Par rapport à un score calcique de zéro, un score calcique >100 augmentait le risque que l’individu ait l’un des cinq facteurs de risque cardiovasculaires habituels (hypertension, dyslipidémie, tabagisme, antécédents familiaux de coronaropathie, diabète). Cependant, 41,2% des sujets ayant un score calcique >100 avaient 0 ou 1 facteur de risque cardiovasculaire classique.

Chez les individus qui avaient un score calcique de zéro, une calcification coronaire quelle qu’elle soit multipliait par 4 le risque de mortalité et un score calcique >100 le multipliait par 10. Sur les 40 décès d’origine coronarienne, 27 sont survenus chez des individus qui présentaient une calcification coronaire à l’inclusion.

Principales limitations

Étude rétrospective.