Le scanner aide au diagnostic des lésions des organes creux associées aux contusions de l’abdomen

  • Dr Jean-Fred Warlin

  • JIM Actualités médicales
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Les perforations d'organes creux (POC) sont relativement rares au cours des contusions de l'abdomen (CA). L'examen clinique est insuffisant pour établir un diagnostic précis. La douleur abdominale, la contracture sont d'un grand appoint, mais il faut faire la part des lésions associées, de l'effet des médications prescrites contre la douleur ou l'agitation. Un diagnostic précis, complet et rapide, car tout délai de > 5 h triple le taux de mortalité, est indispensable. Le scanner est un examen capital lorsque la stabilité hémodynamique du blessé permet d'y recourir, mais son intérêt, évident dans les blessures d'organes pleins, demandait à être démontré dans les POC après CA.

Les auteurs de Hartford (Connecticut ) ont repris les dossiers des adultes admis dans leur centre de 2009 à 2011 pour POC après CA, en excluant ceux qui étaient décédés avant d'avoir pu être opérés. Le diagnostic de POC a toujours été confirmé (intervention ou autopsie).

Sur 2 912 contusions, 340 intéressaient l'abdomen, et 30 (9 %) s'accompagnaient d'une POC. Un blessé est décédé aux urgences, laissant 29 cas exploitables dont 2 n'ont pas eu de scanner, leur état imposant une chirurgie immédiate. Le mécanisme le plus habituel était celui d'un accident de la voie publique ; tous les blessés avaient des lésions associées (bassin, thorax, organes pleins) responsables d'une mortalité globale de 8 %. La durée de séjour des POC a été plus courte que celle de l'ensemble des CA (6 vs 12 j) et les lésions les plus souvent rencontrées intéressaient le grêle (55 %), le côlon (17 %), le duodénum (10 %), qu'il s'agisse de perforation franche, d'ischémie liée à une déchirure mésentérique, ou de rupture d'hématomes séreux.

L'examen clinique a retrouvé douleur et/ou contracture dans la moitié des cas, conduisant à l'indication opératoire, l'autre moitié étant souvent plus inquiétante sur le plan hémodynamique.

Le scanner avec injection a permis le diagnostic dans 86 % des cas, révélant un hématome mésentérique (37 %), un épanchement sanguin sans lésion hépatique ni splénique (30 %), une fuite gazeuse (26 %), une rupture intrapéritonéale de vessie (19 %). Plus du quart des blessés (4 sur 15) chez lesquels le scanner a montré une plaie vésicale (intra ou sous péritonéale), se sont avérés porteurs de POC qui avaient échappé à cet examen ! Le scanner s'est cependant montré supérieur à l'examen clinique en termes de sensibilité (86 vs 53 %) et de spécificité (88 vs 69 %), mais aussi avec une meilleure précision (88 vs 68 %).