Le rôle de la vitamine D sur le développement du diabète de type 1 chez l’enfant

  • Miettinen ME & al.
  • Diabetologia
  • 7 janv. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude montre que les enfants ayant une susceptibilité génétique à développer un diabète de type 1 (DT1) auraient un taux de vitamine D sérique significativement inférieur à celui d’enfants témoins 18 mois avant l’identification de la séroconversion, ainsi qu’à l’âge de 1 an. En dehors de ces 2 moments, aucune autre mesure n’a montré de différence significative. Ainsi, si la vitamine D joue un rôle dans le développement du DT1, celui-ci pourrait être complexe, et reste encore inexpliqué.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

La phase préclinique du diabète de type 1 est déjà présente plusieurs mois, voire plusieurs années avant l’apparition des premiers symptômes. Les facteurs favorisant les changements immunitaires avant même que les auto-anticorps des cellules d’îlots puissent être détectés ne sont pas connus. De précédentes études ont suggéré que le statut en vitamine D pourrait jouer un rôle sans que tout cela ne soit très clair. De fait, des chercheurs ont souhaité étudier l’évolution des taux sériques en 25 OHD avec le risque de développer un diabète de type 1. Bien que les résultats obtenus soient finalement peu explicites, le nombre conséquent de récepteurs à la vitamine D présents sur la majorité des cellules immunitaires continue à faire supposer un rôle important de la vitamine D dans le processus pathologique. Les auteurs évoquent qu’une supplémentation en vitamine D en post natal précoce pourrait avoir un intérêt pour limiter les risques de DT1.

Protocole de l’étude

Des échantillons de sérum provenant d’enfants de 15 pays européens (issus de l’étude ancillaire Divia basée sur la cohorte TRIGR ayant suivi des enfants génétiquement à risque de diabète de type 1) ont été analysés pour mesurer les taux sériques en 25 OHD. Les enfants définis comme génétiquement à risque de développer un DT1– identifiés par la positivité à au moins 2 des 4 auto-anticorps associés au diabète -  ont été appariés à 2 enfants témoins sur leur date de naissance (±1 an). Les enfants ont été suivis jusqu’à leur 10eannée. Les taux de 25 OHD ont été comparés entre ces deux populations selon 2 échelles de temps : 6, 12, 18 mois avant la première séroconversion puis au moment de la séroconversion et aux âges civils 0, 6, 12 et 18 mois.

Principaux résultats

Au total, sur les 244 enfants génétiquement à risque de DT1 inclus dans les analyses, 144 ont réellement développé un diabète de type 1 avant l’âge de 10 ans. L’âge moyen de la première séroconversion était de 2 ans, et celui de l’âge moyen au diagnostic était de 6,0 ans. Les enfants résidant en Suède et Finlande avaient des taux moyens de 25 OHD inférieurs à ceux des enfants du sud de l’Europe, et les échantillons prélevés en hiver présentaient des taux moins élevés que ceux prélevés en été.

Par rapport aux enfants contrôles, ceux qui ont développé un DT1 avaient un taux sérique de 25 OHD inférieur 18 mois avant l’âge de la première séroconversion (58,0 vs 65,0 nmol/L, p=0,018), ainsi qu’à l’âge civil de 12 mois (70,1 vs 75,9 nmol/L, p=0,031).

En revanche, à tous les autres points de mesure, le statut en vitamine D était similaire entre les 2 groupes.

Principales limitations

Le manque de données génétiques ne permet pas de pouvoir comprendre ou suggérer des mécanismes entre statut en vitamine D et développement du DT1. Par ailleurs, la puissance de l’étude n’a pas permis de réaliser des analyses par pays.