Le risque métabolique des sujets infectés par le VIH dans l’enfance


  • Caroline Guignot
  • Actualités médicales
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À retenir

  • Les 18-30 ans infectés dans l’enfance par le VIH présentent un taux de HDL-c inférieur à celui des jeunes non infectés.
  • Leur répartition des graisses est plus volontiers abdominale.


 

Les jeunes adultes VIH de la cohorte COVERTE (ANRS-CO19), infectés durant la période périnatale pour la plupart, présentent une répartition des graisses et un bilan lipidique différant des jeunes du même âge non infectés, issus de la cohorte ENNS ( Etude Nationale Nutrition Santé ). Ces données sont importantes, étant donné que les maladies cardiovasculaires constituent la troisième cause de mortalité des personnes vivant avec le VIH. Elles appellent à une surveillance rigoureuse de ces patients.

L’étude parue dans PLoS One , a comparé les paramètres des deux cohortes constituées de sujets de 18-30 ans (268 sujets infectés par le VIH, 245 non infectés) après ajustement. Ainsi, le rapport tour de taille/hanche était, chez les hommes, de 0,91 chez les sujets VIH contre 0,86 chez les sujets non infectés, et de 0,86 vs 0,76 chez les femmes (p -4 ). Par rapport à la cohorte ENNS, ceux de la cohorte COVERTE présentaient également un taux de HDL-c plus bas que ces derniers (1,2 vs 1,3 mmol/L chez les hommes, 1,4 vs 1,5 mmol/L chez les femmes, p=0,033 et 0,069) et des triglycérides plus élevés (1,4 vs 1,1 mmol/L chez les hommes, 1,0 vs 0,9 mmol/L chez les femmes, p=0,003 et 0,021). Les femmes présentaient en outre une pression artérielle systolique supérieure. Finalement, le taux de sujets présentant un syndrome métabolique était de 13,2% et 10,4% parmi les hommes et les femmes VIH, contre 10,6% et 1,7% chez les sujets contrôles. Le taux de tabagisme était similaire dans les deux groupes.

Quelle évolution à long terme ?

Ce travail confirme que les troubles métaboliques décrits chez les sujets vivants avec le VIH ayant été infectés au cours de la vie adulte, concernent également les jeunes adultes qui ont été infectés tôt dans l’enfance. Ces troubles, selon les auteurs, peuvent résulter de plusieurs paramètres : infection lors qu’une phase d’immaturité physiologique, exposition précoce à des antirétroviraux dont les plus anciens présentaient une certaine toxicité métabolique…

Ces résultats doivent encourager les praticiens à engager une surveillance spécifique : en effet, la dyslipidémie et la concentration des graisses au niveau abdominal sont des facteurs de risque d’insulinorésistance et peuvent favoriser, comme ont pu le suggérer certaines études, les troubles cognitifs. Une étude à long terme devrait évaluer si ces facteurs sont corrélés à la modification de marqueurs cardiovasculaires.