Le risque de TDAH serait accru chez les parents directs d’enfants autistes

  • Septier M & al.
  • Eur Child Adolesc Psychiatry
  • 28 sept. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Parmi les parents de premier degré d’enfants présentant des troubles du spectre autistique (TSA), le risque de trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est supérieur à celui présenté en population générale, a fortiori si l’enfant TSA présente concomitamment un TDAH.

  • Cette étude présente l’avantage d’avoir été menée sur la base d’une évaluation clinique complète de chaque participant (enfant et famille) par un praticien expert. Elle conforte les études antérieures qui décrivent un lien comparable, probablement sous-tendu par des paramètres génétiques et environnementaux. Les auteurs de ce travail concluent que ce constat conforte la pertinence de l’approche Research Domain Criteria (RdoC), promue par le NIMH (National Institute of Mental Health) dans l’évaluation et la prise en charge des pathologies psychiatriques, puisqu’elle propose une approche globale, multidimensionnelle, et non une approche par entités cliniques souvent difficiles à isoler.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Les TSA et le TDAH sont deux pathologies neurodéveloppementales qui coexistent parfois. Ainsi, on estime que 40 à 70% des enfants autistes présentent un TDAH tandis que seulement 10% des sujets TDAH présenteraient des TSA. Ce lien a notamment été conforté par des analyses génétiques menées chez des jumeaux. Cependant, les liens entre ces deux pathologies neurodéveloppementales ne sont pas parfaitement décryptés. Aussi, une équipe française a souhaité mieux les explorer en posant l’hypothèse d’un sur-risque de TDAH au sein des familles dont un enfant est autiste, accru en cas de TDAH concomitant.

Méthodologie

  • Au total, l’étude a été menée auprès de 1.245 sujets, dont 499 enfants TSA et 746 parents de premier degré (parents, fratrie) et un groupe de 140 personnes contrôles. La recherche des TDAH parmi les proches a été menée dans les deux groupes, en distinguant les enfants TSA selon qu’ils présentaient un TDAH associé ou non.

  • Chaque participant a été reçu pour suivre un bilan médical et clinique complet permettant de confirmer le diagnostique d’autisme chez le sujet cas inclus et de rechercher les diagnostics d’autisme et de TDAH chez les parents et la population contrôle (sujets sans antécédents de TSA, sans pathologie neurologique ou psychiatrique).

  • L’analyse a été menée en utilisant des équations d’estimation généralisées (GEE) qui constituent une approche permettant de prendre en compte les liens familiaux dans cette étude d’association.

Principaux résultats

  • Au total, les 499 sujets TSA recrutés étaient séparés entre 287 sujets sans TDAH (TSA-), et 212 sujets avec TDAH (TSA+). Ces derniers étaient plus souvent des hommes ou étaient en moyenne plus jeunes que les sujets TSA-. Ces deux groupes présentaient toutefois une sévérité, des symptômes et une intelligence non verbale similaire.

  • La prévalence du TDAH était supérieure dans le groupe des parents d’enfants TSA+ par rapport à ceux d’enfants TSA- : 22,4% vs 15,3%, p=0,014. Par ailleurs, la prévalence du TDAH chez les parents d’enfants TSA pris globalement était supérieure à celle relevée dans la population contrôle (19 vs 7,1 %, p=0,001), y compris après ajustement sur l’âge et l’intelligence.

Principales limitations

L’étude était transversale et les sujets contrôles avaient un profil (âge et QI) différent des autres sujets.

Financement

L’étude a reçu des fonds de plusieurs structures publiques ou privées françaises.