Le risque de spondyloarthrite serait multiplié par 11 en cas de maladie de Verneuil


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude sujets exposés/non exposés menée au CHU de Reims montrent qu’il existerait un lien fort entre hidrosadénite suppurative (HS) et spondyloarthrite (SpA). Cette étude, certes menée sur un faible nombre de sujets, s’appuie sur des données robustes avec recherche de critères ASAS (Assessment of SpondyloArthritis Society) et réalisation d’une IRM des sacro-iliaques pour chaque patient inclus. Ces données doivent inciter les praticiens à rechercher les symptômes articulaires en cas de diagnostic d’HS afin de mettre en place une prise en charge précoce chez ces patients qui ont souvent déjà connu un retard au diagnostic important pour leur affection dermatologique.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

L’hidrosadénite suppurative (HS) encore appelée maladie de Verneuil se manifeste par une inflammation de l’épithélium folliculaire des glandes apocrines qui se complique d’une surinfection bactérienne secondaire. Elle affecte 1 à 4% de la population. Cette pathologie cutanée impacte fortement la qualité de vie des patients. Bien que le diagnostic soit uniquement clinique, celui-ci survient souvent tardivement car la HS est mal connue des médecins. Chez ces patients, les taux de TNF alpha sont proches de ceux rencontrés dans les rhumatismes inflammatoires. L’adalimumab a obtenu une AMM pour les formes sévères de HS Il existe quelques données suggérant un lien entre HS et rhumatisme inflammatoire, mais celles-ci sont issues d’études observationnelles, anciennes et rétrospectives. D’où l’intérêt de cette nouvelle étude. 

Méthodologie

Étude transversale, monocentrique de type sujets exposés/non exposés menée à partir des données informatiques des patients suivis pour HS au service de dermatologie du CHU de Reims. Les patients HS (exposés) ont été appariés sur l’âge et le sexe à des sujets non HS (non exposés). Tous les cas inclus dans les analyses ont bénéficié d’un examen clinique, de la recherche du HLA-B27, d’un dosage de CRP et d’une IRM des sacro-iliaques.

Principaux résultats

Au total, 78 patients ont été inclus dans les analyses (39 dont 12 hommes dans chaque groupe). L’âge moyen au diagnostic pour les sujets exposés était de 29,7 ans, et le délai moyen entre les premiers symptômes et le diagnostic de 6,1 ans. La quasi-totalité des sujets exposés (94,9%) ont reçu un traitement antibiotique à visée anti-inflammatoire, 71,8% ont eu une prise en charge chirurgicale et 56,4% une ou plusieurs biothérapies.

  • 28,2% des patients exposés avaient une SpA versus 2,6% dans le groupe non exposé, soit un odds ratio de 11,0 [1,4-83,3], p=0,02. Cette même prévalence ne serait que de 0,4 à 1% dans la population générale1,2.
  • Un délai moyen de 46 mois séparait l’apparition de symptômes dermatologiques et articulaires.
  • La présence de l’antigène HLA-B27 a été significativement associée au développement de la SpA chez les patients exposés.

Principales limitations

Seuls des critères ASAS ont été utilisés pour le diagnostic de SpA.