Le risque de récidive cérébrovasculaire dépend de la localisation initiale de l’hémorragie

  • Casolla B & al.
  • Stroke
  • 1 mai 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Le risque d’AVC à 5 ans concernerait près de 20% des patients ayant survécu à un premier épisode hémorragique intracérébral (HIC), selon une étude prospective menée au CHRU Lille. Celle-ci a également montré que les sujets ayant présenté une HIC profonde avaient un risque six fois plus élevé de souffrir d’une récidive ischémique qu’hémorragique, tandis que ceux dont l’HIC avait touché un lobe cérébral présentaient plus de risque d’évènement hémorragique, principalement de type HIC. Ces données sont importantes afin d’adapter la prise en charge des patients en prévention secondaire.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Les patients ayant survécu à un épisode d’HIC sont exposés à un risque de récidive hémorragique significatif, mais décrit comme disparate selon la localisation -lobaire ou profonde- de l’évènement initial. Dans d’autres proportions, le risque d’AVC ischémique est aussi significatif, posant parfois des difficultés à déterminer les traitements les plus adaptés en prévention secondaire.

Méthodologie

PICH ( Prognosis of Intracerebral Hemorrhage ) est une cohorte observationnelle ayant suivi tous les sujets adultes reçus au CHRU Lille avec une HIC entre novembre 2004 et mars 2008. Seuls ceux qui étaient encore vivants à 30 jours étaient pris en considération dans les analyses. La survenue d’évènements cérébraux hémorragiques et ischémiques dans les 5 années suivantes a été recensée et analysée.

Principaux résultats

  • Parmi les 560 patients ayant été intégrés dans la cohorte PITCH, 313 étaient en vie à 30 jours et 3 ont été perdus de vue. Ainsi, l’analyse a porté sur 310 patients (55% d'hommes, âge médian 70 ans), dont 195 avaient présenté une HIC profonde et 115 une HIC lobaire.
  • Durant le suivi, 82 sujets ont présenté au moins un événement vasculaire majeur et 171 sont décédés (dont 16 suite à l’événement), soit un taux d'incidence des événements vasculaires majeurs de 20,0% [15,7–24,7] à 5 ans : le risque d’évènements ischémiques majeurs ou hémorragiques majeurs était ainsi de 5,9% et 4,9% respectivement à 1 an et de 15,2 et 6,2% à 5 ans. La mortalité liée à chacun de ces types d’évènements était de 11,1% et de 19,4% à 30 jours.
  • Après une HIC profonde, le taux d'incidence cumulé des événements ischémiques ou hémorragiques majeurs était de 7,3% [4,2–11,5] et de 3,1% [1,3–6,3] respectivement à 1 an, et de 18,5% [13,3–24,4] et 3,6% [1,6–7,0] respectivement à 5 ans.
  • Après une HIC lobaire, le taux d’incidence cumulé des événements ischémiques ou hémorragiques majeurs était respectivement de 3,5% [1,1–8,1] et 7,8% [3,8–13,7] à 1 an, puis de 9,8% [5,1–16,1] et 10,5% [5,7–16,9] à 5 ans.
  • Selon l’analyse multivariée, l’HIC profonde constituait un facteur prédictif d’évènement ischémique (HR : 1,85 [1,01-3,40]). Les patients qui avaient initialement présenté une HIC profonde présentaient un risque d’évènement hémorragique inférieur à ceux dont l’HIC était localisé au niveau lobaire (HR : 0,40 [0,20-0,82]).

Principales limitations

Les évènements asymptomatiques ne pouvaient être comptabilisés, et le taux global d’évènements a été relativement faible.

Financement

L’étude a reçu un financement du Ministère de l’éducation supérieure et de la recherche.