Le risque de doublons est supérieur sous association fixe d’antihypertenseurs

  • Moriarty F & al.
  • Heart
  • 2 août 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une large analyse menée à partir d’une base de données de délivrance pharmaceutique irlandaise montre que les sujets hypertendus traités par association fixe ont deux fois plus de risque de se voir prescrire simultanément la même molécule antihypertensive par rapport à ceux qui sont traités par la même association thérapeutique libre. Ce chiffre reste néanmoins faible (inférieur à 1% dans les deux cas) et ne semble pas associé à un risque supérieur d’interactions médicamenteuses (IAM).

  • Cette étude pose plusieurs questions sur les logiciels d’aide à la prescription qui, selon les auteurs, sont utilisés de façon fréquente par les praticiens irlandais : il faudrait investiguer l’existence et la nature des alertes que ces logiciels fournissent concernant les associations fixes et la façon dont elles sont appréhendées et interprétées par le praticien. Il s’agit d’un sujet de santé publique pertinent, dans un contexte où les associations fixes sont désormais préconisées en première intention par la plupart des sociétés savantes, dont l’ESC, et pourraient ainsi voir leur prescription se généraliser.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Les associations fixes présentent des avantages indéniables pour le patient en termes de tolérance ou d’observance. Elles peuvent néanmoins poser un certain nombre de risques, comme le risque d’erreurs, de doublons ou d’interactions médicamenteuses, souvent associés au fait d’être prescrites sous nom de spécialités ; encore peu sujet d’investigation, en dehors des travaux menés par les laboratoires pharmaceutiques, les associations fixes ont été étudiées dans cette étude irlandaise afin d’apprécier le risque de prescriptions redondantes et d’IAM associés.

Méthodologie

Cette étude observationnelle a été menée de façon rétrospective à partir du logiciel de délivrance irlandais. Les données 2015 de tous les patients adultes ayant reçu une prescription d’association d’antihypertenseurs (fixe ou libre) ont été regroupées pour l’analyse.

Principaux résultats

  • Un total de 459.465 prescriptions relatives à 49.283 patients a été rassemblé, dont 67% d’associations fixes (AF) et 33% d’associations libres (AL) correspondantes : les premiers regroupaient 50% de femmes, de 67,1 ans en moyenne, et les seconds 48,1% de femmes, de 70,1 ans en moyenne. Les premiers recevaient plus souvent des ARAII, et moins souvent des IEC ou des bêta-bloquants que les autres.

  • Au total, les auteurs ont identifié 0,8% de doublons thérapeutiques, dont 0,61% sous AF et 0,88% sous AL. Le risque relatif de se voir prescrire deux fois la même molécule était de 1,46 [1,17-1,83] selon l’analyse multivariée non ajustée, et de 2,10 ([1,67-2,65], p

  • Le risque de doublon était maximum concernant les antagonistes calciques, puis pour les ARAII.

  • S’il était statistiquement inférieur dans le groupe AF avant ajustement, le risque d’IAM était similaire dans les deux groupes après ajustement et après calcul du score de propension (1,0 [0,94-1,05] et 1,09 [1,03-1,15], NS).

Principales limitations

  • Etude rétrospective dans laquelle certains facteurs additionnels n’ont pu être pris en compte, notamment le prescripteur. Par ailleurs, certaines molécules ont pu être prescrites en double de façon intentionnelle.

  • Cette étude n’a pas apprécié la traduction clinique des IAM identifiées.