Le risque de cancer colorectal entre deux coloscopies est-il plus important chez les sujets souffrant de MICI ?

  • Stjärngrim J & al.
  • Gut
  • 15 déc. 2018

  • de Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats de cette étude suédoise menée auprès de sujets souffrant de maladie inflammatoire chronique des intestins (MICI) montrent un sur-risque de cancer colorectal multiplié par près de 4 et 6 chez les sujets souffrant respectivement de maladie de Crohn (MC) et de rectocolite hémorragique (RCH) par rapport à une population non-MICI.

Les facteurs de risque associés à ce sur-risque semblent par ailleurs différents entre les individus souffrant de MICI et ceux n’en souffrant pas, ainsi qu’entre les personnes atteintes de RCH ou de MC. Le jeune âge serait le principal facteur de risque de cancer colorectal après coloscopie normale chez les sujets souffrant de RCH. Et chez les sujets souffrant de MC, une localisation rectale du cancer était plus fréquemment retrouvée. Des indications précieuses pour renforcer la surveillance chez ces sujets. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Bien que la coloscopie soit considérée à juste titre comme le gold-standard des explorations coliques, le risque de développer un cancer entre deux contrôles n’est pas exclu et constitue la hantise des endoscopistes. La détection d'un cancer colorectal dans les 6 à 36 mois après une coloscopie normale constitue un indicateur clé de la qualité de cet examen. Certaines données de la littérature suggèrent que le taux de cancer colorectal post-coloscopie serait supérieur chez les sujets souffrant de MICI. Cependant aucune étude n’avait jusqu’à présent inclus une population entière de sujets souffrant de MICI pour l'évaluer.

Méthodologie

Cette étude populationnelle a été menée en Suède. Les données sur les coloscopies réalisées entre 2001 et 2010 proviennent de registres de sorties hospitalières et de consultations externes, et les données sur les cancers colorectaux du registre national suédois du cancer. Les individus présentant un cancer colorectal identifié dans les 36 mois post-coloscopie étaient stratifiés en trois groupes, RCH, MC et non-MICI.

Principaux résultats

Au total 348.232 coloscopies ont été réalisées chez 270.918 individus. 8% des coloscopies (n=27.123) ont été réalisées chez 5% (n=14.597) des sujets souffrant de MC et 15% des coloscopies (n=51.572) ont été réalisées chez 8% (n=26.513) des individus souffrant de RCH. 

Au total, 13.317 cancers colorectaux ont été identifiés dans la population non-MICI, 133 chez les sujets souffrant de MC et 281 chez ceux souffrant de RCH. 

Dans tous les groupes, environ la moitié des cancers colorectaux détectés post-coloscopie était de stade T3/T4.

Le taux de cancer colorectal post-coloscopie était de 28,3% dans le groupe MC et de 41,0% dans le groupe RCH, contre 8% dans la population non-MICI. Le risque relatif de cancer colorectal post-coloscopie était multiplié par 3,82 [2,94-4,96] dans la population MC et par 5,89 [5,10-6,80] dans la population RCH par rapport à la population non-MICI.

Des caractéristiques différentes ont été mises en évidence entre les deux groupes de MICI, avec une tendance à un sur-risque de cancer post-coloscopie chez les plus jeunes dans la population RCH et à la localisation rectale du cancer dans la population MC. 

Principales limitations

Celles inhérentes à une étude sur registre, notamment l’absence d’informations sur les caractéristiques des MICI (extension, durée, types de lésions).