Le risque d’infections non classantes SIDA est plus élevé chez les immigrés que chez les personnes nées en France

  • de Monteynard LA & al.
  • PLoS ONE
  • 1 janv. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon les données de la cohorte FHDH-ANRS-CO4, regroupant des sujets hétérosexuels des deux sexes traités par une thérapie antirétrovirale, le risque d’infections est plus élevé chez les sujets immigrés que chez ceux nés en France. Ainsi, les hommes issus d’Afrique subsaharienne ont un risque d’infections bactériennes non liées au SIDA supérieur (pneumonie aigüe notamment), tandis que les femmes d’Afrique subsaharienne et des Antilles non françaises sont surtout exposées à un risque d’infections non bactériennes non liées au SIDA.

  • Si les raisons de ces disparités n’ont pu être explorées, l’une des hypothèses pourrait résider dans l’exposition des immigrés à des pathogènes infectieux facilitée par les plus nombreux voyages/visites dans les pays d’origine/régions tropicales. Aussi, les auteurs de ce travail suggèrent-ils de mieux informer ces derniers, et de proposer une surveillance ou des traitements prophylactiques ou curatifs adaptés.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Plusieurs études ont comparé les évènements de santé liés ou non liés au SIDA dans les populations VIH selon leur origine ou leur orientation sexuelle, mais aucune en France ne s’était encore penchée sur les différences en termes de devenir clinique entre les sujets hétérosexuels nés en France et ceux nés à l’étranger.

Méthodologie

Ce travail a été mené à partir des données relatives aux patients VIH-1 de plus de 16 ans inclus dans la cohorte FHDH-ANRS-CO4 et ayant initié un traitement antirétroviral combiné entre 2006 et 2011. Les évènements sévères ayant justifié une hospitalisation non planifiée d’au moins 24 heures et les cas de décès ont été recensés jusqu’à fin 2012, qu’ils soient ou non liés au SIDA.

Principaux résultats

  • L’analyse a inclus 2.334 hommes, dont 59,1% étaient d’origine française, 35,9% d’Afrique subsaharienne (ASS), 5,0% des Antilles non françaises (ANF) et 2.596 femmes, dont 51,9% étaient d’origine française, 43,6% d’ASS et 4,5% des ANF.

  • Au total, 771 événements graves, dont 27 décès, ont été enregistrés chez 495 hommes durant 6.524 années-personnes, et 624 événements graves, dont 48 décès, chez 413 femmes durant 7.324 années-personnes.

  • Chez les hommes, le taux d’incidence ajusté d’évènements graves était de 1,23 [1,04–1,47] pour les sujets d’ASS par rapport à ceux nés en France, qu’il s’agisse d’événements graves liés au SIDA (1,38 [0,96 -1,99]) ou non liés au SIDA (1,19 [0,98 -1,44]). Le chiffre des infections bactériennes non liées au SIDA était particulièrement élevé parmi les sujets issus d'ASS (1,58 [1,15–2,15]) et concernait principalement des pneumonies aiguës. Aucune autre différence significative n'a été observée concernant les autres types de pathologies.

  • Chez les femmes, le taux d’incidence ajusté des infections non liées au SIDA était particulièrement élevé parmi celles issues d'ASS (1,40 [0,99–1,97]) et a fortiori celles issues des ANF (2,91 [1,36–6,22]). Cette différence était principalement liée à une sur-incidence des infections non bactériennes non classantes SIDA (diarrhées, méningo-encéphalite virale, zona notamment) qui correspondait à un taux d’incidence ajusté de 2,04 [1,18-3,53]) et 7,87 [2,54-24,4] chez les sujets issus d’ASS et d'ANF respectivement. Le taux d’incidence ajusté lié aux évènements cardiovasculaires semblait en revanche plus faible chez les femmes nées en ASS. Aucune autre différence significative n’a été par ailleurs identifiée.

Principales limitations

L’observance des traitements n’était pas connue et l’analyse a été menée en intention de traiter.