Le retard vaccinal concerne un enfant sur deux en pédiatrie libérale

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À retenir

Parmi une population d’enfants de 2 à 24 mois suivis en pédiatrie libérale, 47% ont au moins un retard de vaccination et 41% au moins deux. Le risque était d’autant plus important que l’enfant était âgé et que la mère occupait un emploi.

Pourquoi est-ce important ?

La notion de retard vaccinal correspond au délai entre l’âge de vaccination recommandé et l’âge réel auquel elle est réalisée. Elle est moins bien appréhendée que celle du taux de couverture vaccinale. Pourtant, elle constituerait un élément déterminant pour maîtriser l’incidence des maladies à prévention vaccinale, notamment lorsque le pic de survenue est proche de l’âge recommandé de vaccination. Le travail conduit par cette équipe a permis de décrire la fréquence des retards de vaccination des nourrissons de 2-24 mois suivis en pédiatrie libérale. Il montre que le retard vaccinal est fréquent, notamment pour les vaccins les plus récents. Les facteurs identifiés comme étant à risque de retard vaccinal constituent autant de leviers pour envisager de mieux informer le grand public ou sensibiliser les parents lors des consultations.

Principaux résultats

  • Globalement, les enfants participants présentaient une couverture vaccinale supérieure à 90% pour le vaccin anti-pneumococcique et pour le vaccin polyvalent DTPCHib +/- VHB. En revanche, ce chiffre était de 77 à 81% pour le vaccin ROR et de 66% pour le vaccin anti-méningocoque C.

  • Le retard vaccinal le plus fréquent concernait le vaccin DTPCHib +/- VHB (36% des enfants). Ensuite, au moins un retard était identifié chez 34% des enfants vis-à-vis du vaccin anti-pneumococcique, 57% pour le vaccin anti-méningocoque C et 31% pour le vaccin ROR. Globalement, 47% des enfants avaient présenté au moins un retard d’injection vaccinale, tandis que 41% en avaient présenté au moins deux.

  • Parmi les facteurs de risque identifiés lors de l’analyse univariée, le fait d’avancer en âge et le fait d’avoir une mère qui travaillait constituaient deux facteurs de risque indépendants de présenter un retard vaccinal lors des premiers 24 mois de vie (odds ratio ajustés de 1,2 et de 2,4 respectivement).

  • Aucun facteur relatif au pédiatre n’a été identifié comme influençant ces résultats.

Méthodologie

L’étude repose sur une enquête prospective conduite auprès de 103 pédiatres libéraux membres de l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) qui devaient inclure un jour donné 5 enfants âgés de 2 à 24 mois vus en consultation et en possession de leur carnet de santé. Le profil des médecins participants (81% de femmes, 64% de 50 ans ou plus), et les données sociodémographiques, cliniques et celles concernant la vaccination des 443 enfants inclus (âge moyen 10 mois, 49% de garçons) ont été recueillies et analysées.

Limitations

  • Le nombre de pédiatres ayant accepté de participer a été relativement limité.

  • Ces données ne peuvent être généralisées à la population pédiatrique générale suivie en ville.

  • Il n’était pas possible d’évaluer les refus ou réticences des parents liés à la vaccination.