Le reflux gastro-œsophagien, un symptôme pas si bénin qu’il n’y paraît …


  • Nathalie Barrès
  • Actualités Médicales
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Le reflux gastro-œsophagien est un problème de santé extrêmement fréquent dans nos sociétés. Celui-ci peut être associé à des complications œsophagiennes pouvant aller jusqu’à l’adénocarcinome, un cancer de la tête et du cou, ou à un cancer du poumon. Des chercheurs ont évalué l’augmentation de la mortalité toutes causes confondues et de la mortalité par cancer liées au reflux gastro-œsophagien sur une large population.

Méthodologie

  • La cohorte norvégienne HUNT a permis d’identifier des sujets avec et sans reflux gastro-œsophagien (RGO) entre 1995-1997 et 2006-2008. Ces sujets ont été suivis jusqu’en 2014.
  • Le décès toutes causes confondues et le décès spécifiquement lié à un cancer ont été évalués à partir du registre norvégien des causes de décès et du registre du cancer.
  • Une analyse multivariée utilisant un modèle de régression de type Cox a été utilisée pour le calcul de la mortalité avec ajustement des potentiels facteurs de confusion.

Résultats

  • 4.758 sujets souffrant de symptômes sévères de reflux gastro-œsophagien et 51.138 sujets ne présentant aucun symptôme de RGO ont été inclus dans cette étude, soit l’équivalent respectivement de 60.323 et 747.239 patients-années.
  • L’âge médian était de 51,9 ans dans le groupe présentant des symptômes sévères de RGO et de 44,7 ans dans l’autre groupe.
  • Parmi les 4.758 sujets souffrant de symptômes sévères de RGO, seulement 14 présentaient un adénocarcinome œsophagien.
  • Les résultats de cette étude montrent qu’il n’y avait pas de lien entre le RGO sévère et le décès toutes causes confondues, ou spécifiquement lié au cancer, ou encore spécifiquement lié aux cancers de la tête et du cou ou du poumon.
  • En revanche, la présence d’un RGO sévère chez les hommes était associée à une augmentation de la mortalité suite au développement d’un adénocarcinome œsophagien (HR : 6,09 [IC95% : 2,33-15,93]). Le taux de mortalité associé était de 0,27 pour 100.000 patients-années.
  • La stratification par âge n’a pas altérée substantiellement les résultats chez l’homme. En revanche, chez la femme de plus de 60 ans, le RGO sévère était associé à une augmentation du risque de mortalité spécifiquement liée au développement d’un adénocarcinome œsophagien (HR : 10,49 [IC95% : 1,99-55,27]).

Limitations

  • Les informations recueillies provenaient essentiellement d’auto-questionnaires, ce qui a pu constituer un biais dans le recueil des données.

À retenir

Les individus présentant des symptômes de reflux gastro-œsophagien sévère ne semblent pas avoir d'augmentation du risque de mortalité toute causes confondues ni de la mortalité spécifiquement liée au cancer. Bien que le risque absolu soit faible, ces sujets présentent clairement une augmentation du risque de mortalité spécifiquement liée au développement d’un adénocarcinome oesophagien. Les cliniciens doivent avoir conscience de ce lien et réaliser une endoscopie de contrôle en cas de suspicion.