Le pronostic perfectible des IDM survenant lors d'une chirurgie lourde non cardiaque

  • Smilowitz NR & al.
  • Circulation
  • 29 mai 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Selon une étude américaine ayant porté sur près de 4 millions d’hospitalisations pour chirurgie non cardiaque lourde, environ un tiers des patients parmi ceux qui présentaient un infarctus du myocarde (IDM) péri-opératoire sont décèdés ou ont été réadmis dans les 30 jours suivant la sortie. Pour les personnes en vie à l’issue de cette première hospitalisation, il existait toujours un risque conséquent de décès et de réadmission, de 17,6% et 36,2% respectivement.
  • Malgré sa diminution chez les sujets à haut risque, le risque d’IDM péri-opératoire persiste pour toutes les personnes candidates à une chirurgie lourde non cardiaque, et est associé à un mauvais pronostic. L’éditorial accompagnant cette publication insiste pour que la mesure de la troponine soit réalisée en routine péri-opératoire et qu’une prise en charge médicamenteuse appropriée le cas échéant.

Pourquoi est-ce important ?

On sait que l’IDM péri-opératoire est associé à un risque de morbimortalité important au cours de l’hospitalisation, mais les données concernant le pronostic des sujets en vie à l’issue de cet évènement sont peu nombreuses. Il était intéressant d’évaluer le devenir de ces patients à 6 mois, en compilant les résultats propres à diverses interventions chirurgicales non cardiaques.

Principaux résultats

  • À partir d’une base de données rassemblant 3.807.357 hospitalisations pour chirurgie non cardiaque lourde, 0,2% avaient présenté un IDM péri-opératoire au cours de l’hospitalisation (81,4% NSTEMI, 18,6% STEMI). Les 8.085 patients concernés étaient plus souvent des hommes, étaient en moyenne plus âgés et présentaient plus fréquemment des facteurs de risque cardiovasculaire.
  • La mortalité intrahospitalière durant l’admission index était de 14,0% pour ceux ayant subi un IDM péri-opératoire (28,6% pour les STEMI, 10,7% pour les NSTEMI), contre 0,3% pour les autres (p
  • À l’issue de l’hospitalisation, le risque de réadmission à 30 jours était de 19,1% pour ceux ayant présenté un IDM péri-opératoire (identique pour les STEMI ou NSTEMI), contre 6,5% pour ceux n’en n’ayant pas souffert (p
  • Le taux de mortalité des sujets réadmis dans les 30 jours suivant la chirurgie index était de 11,3% et de 2,5% pour ceux qui avaient ou n’avaient pas présenté un IDM péri-opératoire respectivement (p

Méthodologie

L’étude a été conduite à partir des données 2014 de la base américaine NRD, en identifiant tous les sujets de 18 ans et plus ayant bénéficié d’une chirurgie lourde non cardiaque (générale, génito-urinaire, orthopédique, neurochirurgicale, ORL, cutanée, sénologique, thoracique, vasculaire).

Limitations

Le codage diagnostique a pu faire l’objet d’erreurs et le diagnostic de cas non apparents d’IDM a pu être omis.