Le pronostic après pose d'une prothèse totale de hanche est-il comparable à celui de l’hémiarthroplastie ?

  • Bhandari M & al.
  • N Engl J Med
  • 26 sept. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Dans le traitement chirurgical de la fracture du col du fémur, la prothèse totale de hanche n’expose pas les personnes opérées à un sur-risque de reprise chirurgicale non planifiée à 24 mois par rapport aux patients ayant bénéficié d’une hémiarthroplastie. Par ailleurs, si les prothèses totales semblent offrir un meilleur pronostic fonctionnel et une meilleure qualité de vie, elle est parallèlement associée à une incidence plus élevée d’évènements indésirables sévères (cardiaques, respiratoires…). Aussi, il n’y a pas lieu de privilégier fondamentalement la pose de prothèse totale, ce qui est important lorsque celle-ci n’est pas accessible ou trop onéreuse.

Méthodologie

HEALTH a été menée dans 80 centres issus de 10 pays. Ces établissements ont recruté des patients qui avaient au moins 50 ans, qui étaient aptes à une déambulation autonome avant de présenter une fracture cervicale déplacée éligible à la chirurgie. La randomisation a permis de répartir ces sujets entre la pose d’une prothèse totale de hanche (PTH) et une hémiarthroplastie (HA), et le suivi a été assuré durant 24 mois.

Principaux résultats

  • Entre 2009 et 2017, un total de 1.495 patients ont été recrutés et répartis entre les deux groupes, parmi lesquels 1.441 étaient encore vivants à 24 mois (70% de femmes, 80% de sujets de 70 ans ou plus).
  • À l’issue du suivi de 24 mois, le nombre de nouvelles opérations de la hanche (critère principal d’évaluation) était le même dans les deux groupes : 7,9% dans le groupe PTH vs 8,3% dans le groupe HA (HR 0,95 [0,64-1,40], p=0,79). L’analyse détaillée des données montre que celles-ci étaient essentiellement nécessaires suite à la survenue d’une luxation pour le groupe PTH, principalement durant la première année, et de la nécessité d’une révision de l’implant, essentiellement la seconde année, dans le groupe HA.
  • Les taux de mortalité ont été identiques dans les deux groupes durant le suivi (14,3% et 13,1% respectivement). Par ailleurs, la survenue d’évènements indésirables sévères et celle de complications liées à la prothèse de hanche étaient plus fréquente dans le groupe PTH (respectivement 41,8% vs 36,7%, HR 1,16 [0,90-1,51] et 18,4 vs 16,3%, HR 1,13 [0,81-1,57]).).
  • Sur le plan de l’évaluation fonctionnelle et de la qualité de vie, le groupe PTH présentait, cette fois, de meilleurs indicateurs (score WOMAC global, sous-score de douleur et de fonction, SF-12) que le groupe HA.