Le profil de sensibilisation dans l’enfance prédit le développement d’une maladie allergique ultérieure

  • Gabet S & al.
  • World Allergy Organ J
  • 1 sept. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Cette étude réalisée par l’équipe Inserm UMR 1153 montre qu’il existe 5 profils de sensibilisation durant l’enfance (entre 0 et 8-9 ans), et que ces profils sont associés au risque de développer certaines pathologies allergiques.
  • Ces travaux témoignent de la complexité de ces pathologies et indiquent qu’en plus des allergènes, de la précocité de la sensibilisation ou de la sensibilisation à des allergènes multiples, le taux d’IgE à un allergène spécifique (acariens notamment) doit également être pris en compte dans l’évaluation de ce risque. Des résultats qui, s’ils se confirmaient, pourraient aider à mieux prévenir l’asthme, la rhinite allergique ou la dermatite atopique.

 

Les pathologies d’origine allergiques sont en pleine expansion de par le monde, notamment chez les enfants. La sensibilisation (définie par la présence d’IgE et de cellules inflammatoires) survient bien avant que les premiers signes cliniques n’apparaissent. Mais les profils de sensibilisation varient beaucoup d’une personne à une autre et n’évoluent pas toujours vers la pathologie. Pour mieux cerner l’histoire naturelle de ces maladies, une équipe Inserm de la Faculté de pharmacie de Paris a étudié les liens entre profils de sensibilisation et survenue d’une pathologie allergique au cours des 8 premières années de vie.

Identification de profils de sensibilisation par analyse en grappe

Cette étude a été réalisée de façon prospective à partir de l’étude de la cohorte de naissance populationnelle Pollution and Asthma Risk : an Infant Study(PARIS). Composée de  3.840 nouveaux-nés, nés à terme en bonne santé de grossesse monofoetale, cette cohorte a été constituée pour explorer le développement des maladies allergiques, avec un suivi jusqu’à l’âge de 8 à 9 ans. Une analyse en grappe ou par regroupement à K moyennes a été réalisée sur les 1.007 enfants présents en fin de suivi et disposant de mesures d’IgE. Des groupes d’observation homogènes sur le niveau d’IgE mesuré à 18 mois et à 8 ou 9 ans ont été identifiés et des profils allergiques ont été définis sur la base des symptômes, de leur sévérité, des traitements, de l’existence d’un diagnostic médical d’asthme, de rhinite allergique, de dermatite atopique ou d’infections respiratoires basses avant 2 ans.

Association entre profil de sensibilisation et développement de pathologies allergiques

Les données de sensibilisation et de pathologies allergiques ont pu être obtenues pour 714 enfants et l’analyse en grappe a permis d’identifier 5 profils de sensibilisation allergique parmi eux :

-       La majorité d’entre eux (76,8%) ne présentaient pas de sensibilisation ou avaient un niveau bas de sensibilisation à un allergène spécifique au cours de leurs 8 premières années de vie et avaient peu de risque d’être atteints d’une maladie allergique à l’âge de 8-9 ans.

-       Dans un second groupe représentant 4,9% d’entre eux, une sensibilisation était présente dès la petite enfance, avec des taux élevés mais transitoires d’IgE dirigés contre un allergène alimentaire (blanc d’œuf ou lait de vache le plus souvent). Ces enfants étaient plus à risque d’avoir un asthme à l’âge de 8-9 ans, avec ou sans rhinite allergique.

-       Un troisième profil regroupait les enfants (9%) fortement sensibilisés aux acariens (≥3,5 kU/L) à l’âge de 8 ou 9 ans. À cet âge, la plupart (97,8%) souffraient d’asthme et près d’un tiers (29,2%) de rhinite allergique.

-       5,3% étaient sensibilisés au pollen de fléole des près (graminée) et souvent à d’autres allergènes aériens à l’âge de 8 ou 9 ans, et ce profil était associé à un risque plus élevé de maladie allergique respiratoire (asthme ou rhinite allergique).

-       Le dernier profil (4,1%) était représenté par une sensibilisation précoce et progressive tout au long de l’enfance, dirigée vers une large variété d’allergènes à l’âge de 8-9 ans (pollen de bouleau et allergènes alimentaires le plus souvent). Il était également associé à un risque accru de maladie allergique et particulièrement de dermatite atopique.