Le premier antidiabétique par voie orale dans le diabète de type 1 fait parler de lui !

  • Musso G & al.
  • BMJ
  • 9 avr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Le British Medical Journal vient de publier une méta-analyse d’essais randomisés et contrôlés ayant évalué l’effet de la sotagliflozine par rapport à un comparateur actif ou un placebo sur des critères glycémiques et non glycémiques et sur la survenue d’événements indésirables chez des adultes diabétiques de type 1. Les résultats de cette méta-analyse suggèrent que la sotagliflozine améliorerait les paramètres glycémiques et non glycémiques (dont les marqueurs de la néphropathie diabétique) des diabétiques traités par insuline, et réduirait les risques d’hypoglycémies et d’hypoglycémies sévères. Le bénéfice sur les hypoglycémies pourrait être lié à une moindre variabilité de la glycémie du fait du double mécanisme d’action et du moindre recours à une correction par bolus d’insuline. Le risque d’acidocétose diabétique sous sotagliflozine pourrait être minimisé par sélection des patients, il était en effet plus élevé chez les sujets ayant initialement une HbA1c

Pourquoi cette étude est intéressante ?

L’insuline est le traitement de référence des diabétiques de type 1, mais elle présente l’inconvénient de favoriser les hypoglycémies et la prise de poids. Les hypoglycémies, lorsqu’elles sont sévères, sont un élément limitant le contrôle glycémique et contribuent à l’augmentation des comorbidités. La sotagliflozine est un double inhibiteur des cotransporteurs du sodium-glucose de types 1 et 2 (SGLT-1 et SGLT-2) en cours d’évaluation par l’Agence européenne des médicaments (EMA). L’inhibition des SGLT2 réduit l’absorption du glucose au niveau rénal alors que l’inhibition du SGLT1 la réduit au niveau intestinal. 

Méthodologie

Une revue de la littérature a permis d’identifier les essais cliniques randomisés et contrôlés ayant évalué l’efficacité et la tolérance de la sotagliflozine 75, 200 ou 400 mg/j chez des adultes diabétiques de type 1 traités par insuline. 

Principaux résultats

Au total, 6 essais randomisés et contrôlés versus placebo ont été inclus dans la méta-analyse, soit l’équivalent de 3.238 patients traités durant 4 à 52 semaines.

  • Par rapport aux patients sous placebo, ceux traités par sotagliflozine ont eu une réduction de leur HbA1c de 0,34% (différence moyenne pondérée -0,41% à -0,27%, p2=20%, 10 comparaisons, 3.238 patients). La réduction de l’HbA1c était plus importante sous le dosage à 400 mg/j que sous 200 mg/j. Et ceci était indépendant de la durée de l’essai ou du taux d’HbA1c à l’inclusion.
  • Les patients sous sotagliflozine avaient également une diminution de leur glycémie à jeun de 16,98 mg/dL, du taux de glycémie plasmatique deux heures après un repas de 39,2 mg/dL et de leur dose d’insuline quotidienne totale, basale et bolus respectivement de 8,99%, 8,03% et 9,14%.
  • La sotagliflozine a amélioré le temps passé dans la cible de 9,73% (différence moyenne pondérée). Encore une fois le dosage à 400 mg était plus efficace que le dosage à 200 mg/j sur ce paramètre.
  • L’excrétion urinaire de glucose a augmenté entre les dosage 75 mg/j et 200 mg/j, puis atteignait un plateau à 60 g/j pour les dosages à 200 ou 400 mg/j.
  • Parmi les critères non glycémiques, le poids a été amélioré sous sotagliflozine versus placebo (-3,54%), ainsi que la pression artérielle systolique (-3,85 mmHg) et l’albuminurie (ratio albumine/créatinine -14,57 mg/g). La dose de 400 mg/j a apporté une plus forte amélioration de la majorité des paramètres non glycémiques que la dose de 200 mg/j.
  • La sotagliflozine a réduit les hypoglycémies (-9,09 évènements par patient/an) ainsi que les hypoglycémies sévères de 31%.
  • En revanche, la sotagliflozine a augmenté le risque d’acidocétose (risque relatif 3,93, p2=0%). Ce risque était plus élevé chez les sujets sous injections multiples et sous perfusion sous-cutanée en continu. Des analyses complémentaires ont montré que ce risque était plus élevé lorsque l’HbA1c initiale était
  • Le traitement par sotagliflozine augmentait également le risque d’infections génitales (RR 3,12) et de diarrhées (RR 1,50).

Principales limitations

Les effectifs des études étaient relativement faibles et leur durée de suivi assez courte. Aucune conclusion robuste sur les évènements cardiovasculaires et sur la mortalité ne peut être établie à partir de ces données.

Financement

Cette étude n’a reçu aucun financement spécifique.