Le potentiel du mirikizumab dans la rectocolite hémorragique

  • Sandborn WJ & al.
  • Gastroenterology
  • 4 sept. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon les données d’une étude de phase 2a, le mirikizumab sous-cutané (SC) permet d’obtenir une réponse clinique à 52 semaines dans le traitement de la rectocolite hémorragique (RCH) chez 80,9% des patients traités toutes les 4 semaines et 76,1% de ceux traités toutes les 12 semaines. La rémission clinique, elle, est obtenue pour 46,8% et 37% d’entre eux, respectivement. Dans le groupe traité toutes les 4 semaines, une majorité de patients a également obtenu un score endoscopique nul ou égal à 1. Le profil de tolérance était, quant à lui, satisfaisant.

Le ciblage de l’IL-23 par un anticorps spécifique a été décrit initialement comme plus intéressant que celui offert par un anticorps anti-IL12/IL23 dans le psoriasis. Après avoir été décrit comme efficace dans de premiers essais cliniques menés dans la maladie de Crohn, l’anticorps anti-IL-23 pourrait constituer à terme un nouveau traitement dans la prise en charge de la RCH.

Méthodologie

L’étude de phase 2a internationale a recruté des patients présentant une RCH modérée à sévère (score Mayo total de 6 à 12 avec un sous-score endoscopique ≥2). Ils ont été randomisés (après stratification selon les antécédents de traitement par biothérapie) entre un placebo et le traitement actif à la dose de 50, 200 et 600 mg de mirikizumab toutes les 4 semaines. Un ajustement posologique était possible dans les groupes 50 et 200 mg, selon les concentrations sériques du médicament. La réponse clinique était évaluée à 12 semaines. Ceux qui étaient répondeurs étaient ensuite randomisés entre un traitement toutes les 4 ou 12 semaines par mirikizumab 200mg SC.

Principaux résultats

  • L’essai a recruté et traité 249 patients, dont 95,6% ont terminé les 12 premières semaines. À la suite de cette première période, 15,9% (p = 0,066), 22,6% (p = 0,004) et 11,5% (p = 0,122) des patients des groupes mirikizumab 50, 200 et 600 mg ont présenté une rémission clinique (critère principal d’évaluation) par rapport à 4,8% des sujets sous placebo, soit un résultat non significatif pour la plus forte dose. Une réponse clinique à 12 semaines était observée pour 20,6% des patients du groupe placebo, contre 41,3%, 59,7% et 49,2% de ceux traités par mirikizumab 50, 200 et 600 mg (p significatifs).
  • Après la nouvelle randomisation des patients ayant présenté une réponse clinique sous mirikizumab (n=93), une r éponse clinique à 52 semaines a été obtenue chez 80,9% et 76,1% des sujets traités toutes les 4 ou 12 semaines, respectivement. La rémission clinique était parallèlement obtenue pour 46,8% et 37% d’entre eux, respectivement.
  • Sur le plan de la sécurité et de la tolérance, les principaux évènements indésirables rapportés au cours de la phase d’induction étaient la rhinopharyngite (4,8-8,3% selon les groupes sous mirikizumab), l’anémie (3,2-6,3%) et les maux de tête (1,6-6,7%). Entre la 12e et la 52e semaine, les évènements indésirables principaux étaient la rhinopharyngite (10,6-15,2%), les maux de tête (6,5-10,6%), et l’aggravation de la RCH (2,1-15,2%).

Financement

L'étude a été sponsorisée par Eli Lilly and Company.