Le PMSI peine à fournir des informations cohérentes pour établir la cartographie des infections hospitalières en France

  • de Léotoing L et al.
  • Médecine et Maladie infectieuses
  • 15 oct. 2018

  • de Agnès Lara
  • Actualités médicales
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À retenir

Dans l’objectif de réaliser une cartographie des infections hospitalières et des résistances bactériennes, il est envisagé d’utiliser la base de données du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI). Une première étape a consisté à vérifier que le codage des données était pertinent. Mais les résultats de cette approche préliminaire ont fait apparaître de nombreuses incohérences entre souche bactérienne et type de résistance, ainsi qu’entre type d’infection et agent bactérien associé, que les auteurs attribuent à des erreurs de codage à la source. Une plus grande vigilance devra être accordée lors de l’intégration des données, et une modification de la classification des résistances envisagée avant de pouvoir utiliser le PMSI comme outil de surveillance des infections bactériennes hospitalières.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Face au développement des résistances bactériennes multiples, le besoin d’une analyse précise de l’écologie bactérienne au sein des établissements de santé sur l’ensemble du territoire français s’est fait sentir. Initialement mis en place pour évaluer l’activité des hôpitaux en vue de l’attribution de leur allocation budgétaire, le programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) est aujourd’hui envisagé comme un outil pour la cartographie nationale des infections, car sa base de données prend en compte l’ensemble des séjours hospitaliers, dans les établissements hospitaliers publics comme privés. Une première étape a consisté à vérifier la pertinence du codage des infections hospitalières, des infections par site, des agents bactériens en cause et des éventuelles résistances aux antibiotiques, au sein du PMSI.

Conception de l’étude

Une analyse rétrospective de la base de données du PMSI 2014 a permis d’extraire tous les séjours hospitaliers associés à une infection bactérienne dans le champ médecine, chirurgie, obstétrique, odontologie (au moins un code d’infection selon l’ICD-10). Les souches et les résistances bactériennes ont également été identifiées.

Résultats

  • Plus de 1,6 millions de séjours hospitaliers correspondant à près de 1,26 millions de patients ont été identifiés dans le PMSI 2014 comme étant associés à une infection bactérienne. Hommes et femmes étaient représentés à part égale, avec un âge moyen de 59 ans et une durée d’hospitalisation moyenne de 6 jours.
  • Seuls 46% de ces séjours associés à une infection bactérienne comportaient un code correspondant à l’agent bactérien en cause, et 7% un code de résistance aux ATB.
  • L’analyse des sites d’infection a révélé que les infections respiratoires basses étaient les plus fréquentes (32% des séjours, dont 95% liés à des pneumonies), suivies par les infections génito-urinaires (26%, dont 90% liés à des infections urinaires), les infections intra-abdominales et les diarrhées (24%), les infections de la peau et des tissus mous (15%).
  • Le PMSI ne permettant pas de relier avec certitude un site d’infection à un agent ou à une résistance bactérienne pour chaque séjour (par exemple le codage pouvant seulement préciser « pneumonie » au lieu de « pneumonie à staphylocoque »), les comptes rendus médicaux dans lesquels l’infection était codée ont également été étudiés. Et, dans notre exemple, tous les séjours qui comportaient à la fois un seul code pour une pneumonie, pour un agent bactérien et pour une résistance au sein du même compte rendu ont été pris en compte. Ces deux approches ont permis de relever des incohérences entre souche bactérienne et type de résistance, ainsi qu’entre type d’infection et agent bactérien associé, des erreurs probablement liées à un défaut de codage à la source selon les auteurs.

Financement

Ces travaux ont reçu le soutien de MSD.