Le PIGF révolutionnera-t-il la prise en charge précoce de la pré-éclampsie ?

  • Duhig KE & al.
  • Lancet
  • 1 avr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude britannique montrent que le dosage en routine du facteur de croissance placentaire (PIGF) entre 20 et 36 semaines de grossesse pourrait nettement réduire le délai diagnostique de pré-éclampsie. Cette approche serait associée à une réduction des conséquences délétères pour la mère, mais n’aurait d’impact ni sur l’âge gestationnel de l’enfant à la naissance, ni sur la survenue de complications néonatales. Ce test simple indiquerait la présence d’une pré-éclampsie avec une sensibilité de 96%.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

La pré-éclampsie même sévère est souvent asymptomatique. Le diagnostic est avant tout basé sur l’identification d’une hypertension et sur l’augmentation de la protéinurie, qui restent des éléments diagnostiques imparfaits. Les résultats de cette étude apportent de nouvelles preuves de l’intérêt du dépistage précoce de la pré-éclampsie chez des femmes à risque en utilisant la mesure du PIGF en routine en période prénatale. L’utilisation de cette mesure simple pourrait par ailleurs faciliter le suivi prénatal des femmes à risque, limiter les ressources humaines et diminuer l’anxiété des futures mères.

Méthodologie

Il s’agit d’une étude pragmatique, multicentrique où les femmes portant un seul fœtus, suivies dans l’une des 11 maternités britanniques participantes ont été incluses et randomisées en grappes avec permutation séquentielle. Les participantes étaient entre 20 et 36 semaines de grossesse, et présentaient une suspicion de pré-éclampsie. Cette suspicion était basée sur l’apparition ou l’aggravation d’une hypertension, d’une protéinurie (détectée par bandelettes), d’une douleur épigastrique ou du quadrant supérieur droit, de maux de tête avec troubles visuels, d’une limitation de la croissance fœtale, ou de tests sanguins anormaux évocateurs d’une thrombocytopénie ou d’une dysfonction hépatique ou rénale. 

Toutes les femmes bénéficiaient d’une mesure du PIGF à l’inclusion, mais les résultats n’étaient révélés ni aux praticiens, ni aux femmes. Une approche diagnostique utilisant le PIGF était testée à tour de rôle (toutes les 6 semaines) dans les différentes maternités. La seconde fois, le résultat de la mesure PIGF était révélée et une prise en charge adaptée était mise en place selon un algorithme prédéfini. Le critère principal d’évaluation était le délai de confirmation de la pré-éclampsie. 

Principaux résultats

Au total, 1.023 femmes ont été incluses dans les analyses.

  • Le délai moyen de diagnostic de pré-éclampsie était de 1,9 jours lorsque le résultat du test biologique était révélé et de 4,1 jours lorsqu’il ne l’était pas.  Ainsi, l’utilisation en routine de la mesure du PIGF permettait une diminution du temps de diagnostic de 64%.
  • En revanche, cette approche ne modifiait pas l’incidence des pré-éclampsies sévères, ni l’indication de la nécessité d’un accouchement précoce, et n’augmentait pas les admissions en unité de néonatalogie.

Principales limitations

Ces données ne peuvent pas être généralisées, car la population évaluée était spécifiquement des femmes avec un seul fœtus et prises en charge avant 37 semaines de grossesse.