Le Mini-Cog n’est pas un outil fiable pour dépister les démences


  • Serge Cannasse
  • Univadis Actualités Médicales
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L’augmentation du nombre des personnes âgées va de pair avec celle des personnes signalant des troubles de la mémoire, qui peuvent eux-mêmes annoncer l’apparition d’une maladie d’Alzheimer ou d’une démence apparentée. Ces personnes consultent fréquemment les professionnels de soins primaires, pour qui disposer d’outils de dépistage est important. Ces outils doivent être faciles à utiliser, rapides à utiliser et précis, évitant au maximum le sur- ou le sous-diagnostic de démence. Fréquemment utilisé, le Mini-Cog prétend à cette ambition avec une épreuve de mémorisation de trois mots et la réalisation du dessin d’une horloge.

Une équipe a évalué ce test en faisant une revue de la littérature le comparant à des évaluations approfondies réalisées par des spécialistes de la démence, jusqu’en janvier 2017. Au total, elle n’a pu identifier que quatre études, ayant inclus au total 1.517 participants. Toutes, sauf une, présentaient des problèmes méthodologiques conduisant à surestimer la précision du Mini-Cog, en particulier dans la façon dont étaient sélectionnés les participants. Leurs résultats en termes de sensibilité et de spécificité étaient très hétérogènes, de même qu’en termes de méthodologie, rendant impossible une méta-analyse.

Pour les auteurs de l’étude ayant la plus haute qualité méthodologique, le Mini-Cog n’a qu’une sensibilité de 76% : 24% des malades ne sont pas détectés. De plus, il n’a qu’une spécificité de 73% : 27% des patients sont réputés avoir une démence sous-jacente alors que ça n’est pas le cas.

Les auteurs concluent qu’il « n’y a pas à l’heure actuelle suffisamment de preuves pour recommander l’utilisation du Mini-Cog comme test de dépistage de la démence dans le contexte de soins primaires. » Ils recommandent la conduite d’études supplémentaires pour évaluer son intérêt dans ce contexte.