Le microbiote expliquerait-il l'effet bénéfique du chocolat sur le moral ?

  • Shin JH & al.
  • J Nutr Biochem

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Depuis que les études sur le microbiote se développent, l’axe intestin-cerveau revêt un intérêt particulier pour explorer de nouveaux déterminants liés à la santé mentale. Or, il est volontiers admis que manger du chocolat est bon pour le moral. Cette assertion tient-elle la route à la lumière d’une exploration scientifique ?

 

Pour le savoir, des chercheurs coréens ont conduit une étude de concept dans laquelle la santé mentale et le microbiote intestinal ont fait l’objet d’évaluations à la suite d’une consommation régulière de chocolat noir. Dans cette petite étude, des adultes jeunes (20-30 ans) ont été inclus et répartis entre deux groupes dans lesquels ils devaient manger 10 grammes de chocolat noir à 85% (soit environ 400 mg de polyphénols) ou à 70% (environ 250 mg de polyphénols) trois fois par jour à heure fixe durant 3 semaines, versus un régime contrôle sans consommation autorisée de cacao.

Blautia spp, biomarqueur de la communication intestin-cerveau ?

À l’inclusion, les sujets de chaque groupe avaient en moyenne le même age, sexe, poids, indice de masse corporelle (IMC), masse musculaire, ou taux de masse grasse, et ils avaient des apports alimentaires comparables en termes caloriques et de composition en lipides, protéines et glucides. Ils avaient également des profils comparables sur le plan de la santé mentale.

À l’issue des 3 semaines, après avoir vérifié que les apports en micronutriments et en énergie avaient été similaires dans les trois groupes, et que la composition corporelle n’était pas statistiquement différente entre eux, les chercheurs ont soumis des questionnaires de santé mentale dans lesquels les participants devaient évaluer leurs sentiments sur une échelle de un (très peu ou pas du tout) à cinq (extrêmement) au sujet de vingt adjectifs qualifiant des états d'humeur positifs ou négatifs (score PANAS).

Ainsi, les chercheurs ont identifié un impact du chocolat noir à 85% uniquement, qui offre un effet positif sur l’humeur. Surpris par le fait qu’en revanche, aucun effet statistiquement significatif n’existe pour le chocolat à 70%, ils ont conduit une analyse sur le microbiote des sujets en réalisant un séquençage de l’ARN 16S ribosomal. Ils ont ainsi observé une diminution de la richesse en Faecealibacterium prausnitzii et une augmentation de celle en Blautia spp. dans le groupe ayant consommé du chocolat à 85%. Cette dernière est connue pour être sensible à l’inflammation et produire du butyrate qui semble influencer l’humeur chez l’animal.

Aussi, si cette étude a des limites, notamment celle de la taille de l’effectif recruté, elle est aussi l’une des premières à mieux décrypter l’influence du cacao sur le microbiome et son rôle potentiellement prébiotique.