Le microbiote buccal, l’un des facteurs étiologiques du cancer du pancréas …


  • Nathalie Barrès
  • Actualités Médicales
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Le cancer du pancréas est associé à un très mauvais pronostic : en effet, 93% des sujets décèdent dans les 5 ans après le diagnostic. Il est maintenant admis que le microbiote oral joue un rôle important dans la santé humaine. De récentes études ont montré qu’une mauvaise santé bucco-dentaire et la présence d’anticorps circulants sélectionnant certains agents pathogènes oraux seraient associées à une augmentation du risque de cancer du pancréas. Les résultats, tout juste publiés, du suivi d’une large étude cas-témoin amènent un nouvel éclairage sur ce sujet.

Méthodologie

  • 361 cas avec adénocarcinome pancréatique et 371 cas contrôles provenant de 2 études de cohorte (The American Cancer Society Cancer Prevention Study II et The National Cancer Institute Prostate, Lung, Colorectal and Ovarian Cancer Screening Trial) ont été sélectionnés pour participer à la présente étude.
  • La composition du microbiote oral a été analysée, à partir d’échantillons de pré-diagnostics issus de lavements oraux, en utilisant le gène d’ARN ribosomique 16S des bactéries.
  • Critère principal d’évaluation : association entre le microbiote oral et le risque de cancer du pancréas.

Résultats

  • La présence de Porphyromonas gingivalis et d’Aggregatibacter actinomycetemcomitans, a été associée à un risque plus élevé de cancer pancréatique : 1,60 [IC95% : 1,15-2,22] ; OR : 2,20 [IC95% : 1,16-4,18].
  • Bien que l’association entre la présence d’A. actinomycetemcomitans et le risque de cancer pancréatique tendait à être plus élevée chez les personnes consommant de l’alcool, que chez ceux n’en consommant pas (OR : 3 ,03 [IC95% : 1,31-7,03] vs OR : 0,47 [IC95% : 0,13-1,72]), cette différence ne s’est pas révélée statistiquement significative (p=0,086). De même, l’association entre la présence de cet agent pathogène et le risque de cancer du pancréas chez les fumeurs ne s’est pas montrée statistiquement significative par rapport aux non-fumeurs.
  • En revanche, la présence de Fusobacterium et de Leptotrichia a été associée à une diminution du risque de cancer du pancréas, par pourcent d’augmentation de leur abondance relative OR : 0,94 [IC95% : 0,89-0,99].

Limitations

  • Le prélèvement buccal à un instant donné a réduit la possibilité d’analyse de la dynamique entre le développement du microbiote oral et le développement du cancer du pancréas.
  • Les données concernant les maladies parodontales sont faibles.
  • Les sujets sélectionnés (prédominance de sujets d’origine caucasienne, volontaires, …) a pu induire des biais de sélection.

À retenir

Cette étude apporte des preuves supplémentaires du rôle du microbiote oral dans l’étiologie des cancers pancréatiques.