Le médecin généraliste : un rôle pivot dans la prévention des cancers ?

  • Bull Cancer

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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Le médecin généraliste (MG) intervient en accompagnant les patients tout au long du processus de prise en charge des cancers. La prévention et le dépistage des cancers font également partie de leurs compétences et missions. En France, l’implication du médecin généraliste est cependant plus particulièrement importante pour certains types de cancers, notamment, le cancer du côlon.

Comment s’organise la prévention du cancer au niveau du médecin généraliste ?

Le MG intervient sur le repérage des facteurs de risque « non évitables » (plus souvent constitutifs de l’individus lui-même) et « évitables » (plus souvent liés à l’environnement) et sur la sensibilisation du patient à ces derniers. Il assure également la surveillance de ces facteurs de risque et incite les patients au changement d'habitudes de vie et des comportements lorsque c'est nécessaire. Pour les facteurs évitables des données indiquent que « plus de 40% des cancers en France pourraient être évités par une meilleure attitude nutritionnelle et un changement des comportements et des modes de vie »1,2. Les auteurs rappellent que le principal facteur de risque évitable de cancer est le tabac (concerne 20% des nouveaux cancers), suivi de l’alcool (8%), d’une alimentation déséquilibrée (5,4%), du surpoids et de l’obésité (5,4%), des UV (3%), d'une activité physique insuffisante (0,9%), des radiations ionisantes d’origine médicale (0,7%), des traitements hormonaux (0,6%) et d'un allaitement inférieur à six mois (0,5%). Parmi les nouveaux cancers imputables aux facteurs environnementaux, 4% seraient liés à des agents infectieux (notamment le papillomavirus humain, le virus de l’hépatite B, Helicobacter Pylori (Hp)) qui peuvent pour les deux premiers bénéficier d’une vaccination en amont de l’exposition ou pour Hp d’un test de dépistage. Au global, 3,6% des nouveaux cas de cancers seraient liées à des expositions professionnelles (amiante notamment), 1,2% au radon présent dans l’air intérieur, 0,4% à la pollution atmosphérique et 0,1% à une exposition à des substances chimiques. Nombreux sujets sur lesquels le MG peut sensibiliser les patients.

Dépistage des cancers par le médecin généraliste

En France, le dépistage des cancers est organisé ou individuel selon le type de cancer. Le rôle du médecin généraliste est très variable en fonction des différentes situations. Les cancers du sein, du côlon et tout récemment du col de l’utérus bénéficient d’un dépistage organisé. Si le dépistage du cancer du sein n’implique pas directement le MG, celui-ci a un rôle important pour informer les femmes sur la nécessité d’y participer. Son implication dans le dépistage du cancer colorectal est en revanche plus importante puisque le patient doit consulter son médecin généraliste pour obtenir le test immunologique. Enfin, pour le cancer du col de l’utérus, il peut soit être acteur en réalisant le frottis cervico-utérin, soit juste avoir un rôle informatif et incitatif. Le médecin généraliste est acteur des dépistages individuels qui nécessitent un repérage des facteurs de risque en amont. C’est le cas pour le mélanome, le cancer bronchique (avec l’incitation au sevrage tabagique) et le dépistage du cancer de la prostate. Pour ce dernier, les auteurs mentionnent que la « HAS a rappelé en 2012 que les connaissances actuelles ne permettent pas de recommander un dépistage systématique en population générale par dosage de l’antigène spécifique prostatique3. » en revanche le MG peut aider le patient à prendre une décision éclairée sur le sujet. 

Par sa relation souvent privilégiée et sa connaissance des antécédents du patient, le médecin généraliste a une place essentielle à la fois pour inciter les patients à s’inclure dans les campagnes de dépistage, pour les motiver à mettre en place des mesures préventives et pour dépister le plus précocement possible les cancers.