Le maraviroc échoue à améliorer le pronostic des infections VIH avancées


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Selon l’étude ANRS Optimal, le maraviroc (600 mg/jour) associé au traitement antirétroviral de référence pendant 72 mois ne permet pas d’améliorer le pronostic clinique de personnes infectées par le VIH-1 et traitées à un stade avancé, par rapport au placebo.
  • Il existe aussi un risque d’échec virologique à 48 semaines, qui disparaît à 72 semaines.

 

L’étude multicentrique ANRS 146 GeSIDA 7211 OPTIMAL visait à évaluer si l'ajout de maraviroc au traitement antirétroviral standard permettait de réduire le risque de morbidité et de mortalité graves liées aux infections opportunistes chez des personnes présentant une infection VIH-1 avancée. Outre son effet antirétroviral, cet antagoniste du récepteur CCR5 est en effet susceptible de présenter des propriétés immunomodulatrices intéressantes.

Conduite en France, en Espagne et en Italie, cette étude a recruté entre 2011 et 2014 des adultes présentant un taux de CD4 faible ( 9 /L) et/ou un évènement classant SIDA. Ils ont été randomisés entre l’ajout du maraviroc (600 mg deux fois/j) ou du placebo à un traitement antirétroviral de référence pendant 72 semaines. La posologie du maraviroc était adaptée aux profils selon leur génotype CYP3A4.

Un effet à 6 mois à investiguer

Au total, parmi les 409 patients inclus et suivis, l’incidence de la morbidité sévère (évènement classant SIDA ou non classant SIDA grave, infections sévères spécifiques, syndrome inflammatoire de reconstitution immune, décès) était de 11,2 et de 11,1 cas pour 100 patients-année respectivement dans les groupes maraviroc et placebo (NS). L'incidence des événements indésirables graves (>grade 2) était inférieure mais non statistiquement significative dans le groupe maraviroc (36,1 vs 41,5/100 patients-année). Par ailleurs, l'utilisation du maraviroc était associée à un risque plus élevé d'échec virologique à 48 semaines (21,3% vs 15,0% sous placebo), qui disparaissait à la 72 e semaine. Enfin, si le gain absolu en lymphocytes T CD4 était identique durant le suivi, le rapport CD4/CD8 était, lui, plus faible.

L’absence de bénéfice du traitement sur le taux de CD4 était inattendue pour les investigateurs. Ils soulignent toutefois dans la discussion que, selon l’analyse post hoc, l'utilisation du maraviroc était associée à un meilleur résultat clinique durant les 6 premiers mois. Ce potentiel effet bénéfique initial nécessiterait d’être investigué.