Le ligélizumab, future alternative dans l’urticaire chronique spontané ?


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Le New England Journal of Medicine publie les résultats de l’étude de phase 2b qui a comparé plusieurs posologies de ligélizumab (anti-IgE) dans l’urticaire chronique spontané, par rapport à l’omalizumab ou par rapport à un placebo, en association au traitement de fond par antihistaminiques. Le nombre de patients qui présentaient un contrôle de leurs symptômes à 12 semaines sous ligélizumab apparaissait plus élevé que dans le bras omalizumab ou placebo, sans signaux particuliers de sécurité. Le développement de ce nouvel anticorps monoclonal anti-IgE se poursuit.

Une affinité pour l’IgE 50 fois supérieure à celle de l’omalizumab

L’urticaire chronique spontané relève d’un traitement par antihistaminiques à doses standards ou à doses supérieures en cas de non-réponse. Ensuite, il est préconisé de prescrire l’omalizumab, un anti-IgE. Cependant, certains patients ne répondent pas à ces premières lignes de traitement. Le ligélizumab a été développé en tant qu’anticorps anti-IgE de haute affinité, cette dernière étant 50 fois supérieure à celle de l’omalizumab in vitro , et la durée et l’intensité de la négativation du prick-test étant supérieures à celles offertes par l’omalizumab selon des études préliminaires.

Une étude dose-réponse versus traitement comparateur

Cet essai international de phase 2b a étudié l'efficacité dose-réponse et la sécurité à 12 semaines de trois types de traitement de l’urticaire chronique spontané léger à modéré chez des patients de 18 à 75 ans, ne répondent pas entièrement aux antihistaminiques : les patients étaient randomisés entre 3 doses de ligélizumab (24 mg, 72 mg ou 240 mg), l'omalizumab 300 mg ou un placebo, chacun étant administré toutes les 4 semaines en SC pendant 20 semaines. Un dernier groupe recevait une dose unique de ligélizumab 120 mg. Les antihistaminiques H1 ont été utilisés comme traitement de fond et de secours au cours du suivi. 

Protocole de l’étude

Le ligelizumab offrait une réponse dose-dépendante sur le critère de gravité de l'urticaire. À 12 semaines, une réponse complète des démangeaisons était obtenue chez 30%, 51% et 42% des patients traités par ligélizumab 24 mg, 72 mg et 240 mg, contre 26% et 0% des groupes omalizumab et placebo. À 20 semaines, 51% des patients traités par ligélizumab 72 mg maintenaient une réponse, contre 34% de ceux du groupe omalizumab. Par ailleurs, le contrôle complet des symptômes (score d'activité de l'urticaire hebdomadaire) était obtenu pour 30%, 44% et 40% des patients traités par les trois doses croissantes de ligélizumab, contre 26% de ceux sous omalizumab et aucun de ceux sous placebo.

En termes de sécurité, la proportion des patients présentant des évènements indésirables était plus élevée pour les deux groupes recevant les doses les plus élevées de ligélizumab, notamment du fait d’un taux plus élevé de réactions aux sites d’injection (4% et 7% des sujets ayant reçu 72 mg et 240 mg respectivement). Les évènements les plus fréquents étaient les infections respiratoires hautes d’origine virale.

La fréquence des évènements indésirables graves concernaient respectivement 7%, 2% et 2% des sujets ayant reçu le ligélizumab 24mg, 72 mg et 240 mg, contre 4% sous omalizumab et 9% sous placebo.