Le fardeau psychologique de l’alopécie persistante post-chimiothérapie

  • Freites-Martinez A & al.
  • JAMA Dermatol
  • 6 mars 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’alopécie persistante, caractérisée par une repousse incomplète 6 mois après la fin du traitement, est plus sévère et diffuse chez les femmes traitées pour cancer par chimiothérapie (APPC) que celle suivant un traitement d’hormonothérapie (APPH), selon une étude multicentrique internationale. En résulte une qualité de vie spécifique significativement altérée, a fortiori parmi celles présentant une APPC. Les traitements favorisant la repousse (minoxidil seul ou associé à la spironolactone) n’étaient efficaces que parmi une partie de cette population. Les attentes sont donc fortes pour que les mécanismes favorisant la destruction par les traitements des cellules souches des follicules pileux soient mieux compris, et aboutissent à la mise à disposition de traitements préventifs ou curatifs spécifiques efficaces.

Méthodologie

L’étude a été menée de façon rétrospective auprès de femmes présentant un diagnostic d’alopécie persistante 6 mois après la fin d’un traitement anticancéreux par chimiothérapie ou par hormonothérapie, issues de trois centres (US, France, Italie). Une partie d’entre elles avaient répondu à un questionnaire spécifique Hairdex, scoré de 0 à 100 croissant avec l’altération de la qualité de vie. Les données concernant leur alopécie (caractérisation initiale et post-traitement spécifique) étaient évaluées en aveugle par un investigateur.

Principaux résultats

  • Au total, 98 femmes présentant une APPC (âge moyen 56,5 ans, 81% de cancer du sein) et 94 femmes présentant une APPH (âge moyen 56 ans, 95% de cancer du sein) ont été incluses dans cette étude : l’alopécie était principalement liée aux taxanes pour 82% des premières et aux anti-aromatases pour 62% des secondes.
  • Respectivement 41% et 25% des femmes APPC et APPH présentaient une alopécie diffuse (p=0,04). L’alopécie était plus sévère pour les premières (grade 2 pour 39% vs 13% d’entre elles, p
  • Dans une analyse multivariée, la qualité de vie était plus altérée dans le groupe APPC que dans le groupe APPH (48 vs 45, p=0,008), a fortiori si l’alopécie était sévère (57 vs 40 en cas d’alopécie de grade 2, p
  • Parmi les groupes APPC et APPH, 55% et 45% ont été traitées par un traitement favorisant la repousse (majoritairement par minoxidil topique seul), offrant une amélioration modérée à importante pour 67% et 76% d’entre elles.