Le fardeau mondial de la grippe en 2017

  • Lancet Respir Med
  • 12 déc. 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’évaluation globale du fardeau des infections respiratoires basses (IRB) liées à la grippe par la Global Burden of Disease study donne une photographie de l’impact de la grippe en santé humaine au niveau mondial en 2017. Les résultats montrent que les épidémies de grippe saisonnières, en dehors de pandémies, restent meurtrières et qu’elles ont un impact non négligeable sur la santé des populations, mais certaines tranches d’âge et régions du monde portent un fardeau plus important que d’autres. Afin de réduire l’impact en santé publique, les auteurs suggèrent donc d’associer des mesures susceptibles de limiter la transmission virale, comme la vaccination, et des interventions visant à réduire le risque d’infection comme la préservation de la qualité de l’air (tabac/pollution).

Pourquoi cette revue a-t-elle été réalisée ?

Les épidémies saisonnières de grippe contribuent à une part importante des infections respiratoires basses de par le monde et représentent un fardeau important en termes de mortalité, d’incapacité et de pertes économiques. Après une première estimation de la mortalité attribuable aux IRB liées à la grippe en 2016, l’étude Global Burden of Disease (GBD) a évalué le poids global de ces infections en 2017 en estimant l’incidence des IRB modérées à sévères, les hospitalisations, ainsi que les décès associés, selon les groupes d’âges et les différentes régions géographiques du globe. Les résultats présentés devraient aider les politiques à développer des programmes de surveillance et de prévention de la santé publique.

Conception de l’étude

Quatre agents pathogènes responsables d’IRB ont été quantifiés (virus influenza, virus respiratoire syncitial, Heamophilus influenza type b et Streptococcus pneumoniae). L’incidence de ces IRB, les hospitalisations et la mortalité attribuables à la grippe, ont été prises en compte dans un modèle d’analyse prédictive bayésien.

Résultats

  • Selon les estimations de l’étude GBD, les IRB liées à la grippe ont été responsables de 145.000 décès (IC95% : 99.000-200.000] tous âges confondus, représentant ainsi 5,6% des décès liés aux IRB en 2017, et 0,26% de l’ensemble des décès.
  • Le taux de mortalité est apparu plus important chez les sujets de plus de 70 ans (16,4 décès pour pour 100.000 [11,6-21,9]), avec une fraction attribuable aux IRB liées à la grippe plus importante  dans cette tranche d’âge (6,3% [4,8-7,8]) par comparaison aux enfants de moins de 5 ans (2,9% [2,0-4,0]).
  • Tous âges confondus, les taux de mortalité des IRB liées à la grippe montraient de fortes disparités selon les régions, allant de 0,2 pour 100.000 au Qatar et 0,9 en Australie, à 5,5 pour 100.000 en Europe de l’Est, et atteignant même 12,1 à Taïwan. 
  • La grippe a été responsable de près de 9,5 millions d’hospitalisations pour IRB et de plus de 81 millions de journées d’hospitalisation, plus fréquemment chez les enfants de moins de 10 ans et chez les plus âgés. La distribution régionale des hospitalisations montrait là aussi une incidence plus élevée en Europe de l’Est (488,7 pour 100.000), ainsi qu’en Asie Centrale (303,1 pour 100.000).
  • Selon les estimations, la grippe serait globalement responsable de 11,5% des épisodes d’IRB, soit 54,5 millions d’épisode infectieux, dont près de 8,2 millions d’épisodes graves.

Limitations

Données limitées dans certaines régions du monde concernant la mortalité et les hospitalisations.