Le délicat timing du traitement par ticagrélor avant reperfusion percutanée

  • Roule V & al.
  • Eur Heart J Acute Cardiovasc Care
  • 12 août 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude monocentrique française, l’hyperréactivité plaquettaire sous traitement est associée à une micro-circulation coronaire sous-optimale et, par conséquent, à un risque de syndrome coronarien aigu (SCA) ultérieur à une intervention coronaire percutanée primaire (ICP), alors que ce n’était pas retrouvé pour la réactivité plaquettaire sous aspirine.

Ce résultat a été obtenu chez 61 patients recrutés prospectivement au service de cardiologie du CHU de Caen. La qualité de la reperfusion myocardique était mesurée par le score Myocardial Blush Grade (MBG), obtenu par angiographie et connu pour être un facteur pronostique indépendant dans les syndromes coronariens aigus avec sus-décalage ST (STEMI). Les auteurs soulignent donc la nécessité d’introduire le traitement par inhibiteurs de P2Y12 le plus précocement possible dans les ICP primaires.

Méthodologie

Les patients inclus devaient être des sujets âgés de 18 ans ou plus, admis pour STEMI, traités par aspirine 250 mg et ticagrelor 180 mg avant d’être pris en charge médicalement par ambulance ou au service d’urgence. Ils suivaient des tests de réactivité plaquettaire (mesurée en PRU - ou P2Y12 Reaction Units - élevée au-dessus de 208, et en ARU - ou Aspirin Reaction Units - élevée au-dessus de 550) et une angiographie avec mesure du score MBG gradué de 0 à 3, croissant avec la qualité de la perfusion myocardique.

Principaux résultats

Au total, les données de 61 patients ont pu être analysées. Parmi eux, 46% avaient obtenu un score de reperfusion MBG maximal, égal à 3 (n=28). Le score PRU moyen était statistiquement inférieur dans ce groupe par rapport à ceux du groupe MBG vs 227,42, p=0,001), y compris après ajustement, alors qu'aucune différence significative n'était observée concernant la valeur de réactivité plaquettaire liée à l’aspirine (ARU). Par ailleurs, les auteurs soulignent que les sujets présentant une réactivité plaquettaire élevée aux inhibiteurs de P2Y12 et à l'aspirine (selon les valeurs PRU et ARU respectivement) étaient en pratique nombreux, puisqu'ils représentaient respectivement 49,2% et 18% de la cohorte, les premiers étant significativement plus nombreux dans le groupe ayant un score MBG inférieur à 3.