Le coroscanner améliorerait l’évaluation du risque cardiovasculaire

  • Oikonomou EK & al.
  • Lancet
  • 15 sept. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • L’étude CRIPS CT, qui a reposé sur l’analyse post hoc de deux cohortes prospectives, a permis de déterminer un nouvel index prédictif du risque cardiovasculaire résiduel à partir des données du coroscanner : établi à partir de l’atténuation du signal lié à la modification de la composition périvasculaire en graisse, cet index FAI (fat attenuation index) est fortement associé à la mortalité toutes causes confondues et à la mortalité cardiovasculaire. Il pourrait améliorer l’évaluation du risque cardiovasculaire à partir des paramètres traditionnels.

  • Les auteurs indiquent que cette mesure pourrait aider à stratifier le risque des personnes en prévention primaire ou secondaire. Elle présente l’avantage d’être indépendante de l’importance de la calcification coronaire ou des marqueurs de l’inflammation traditionnels. Parce que l’une des analyses en sous-groupe a montré que l’association entre FAI et pronostic n’était plus vérifiée chez les patients ayant initié un traitement par statine ou par aspirine après le coroscanner, il est probable que le risque inflammatoire résiduel soit modifiable par une prise en charge appropriée ; des études cliniques sont nécessaires pour confirmer ces premières observations.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Il n’est pas précisément établi que les marqueurs systémiques de l’inflammation reflètent correctement le phénomène au niveau coronaire. De plus, si l’on sait que l’inflammation inhibe l’adipogenèse et que des liens existent entre tissu adipeux périvasculaire et évolution de l’athérome, l’association entre la modification de l’aspect de ce tissu à l’imagerie et le pronostic n’était pas démontrée.

Méthodologie

  • L’étude CRISP CT a été menée à partir d’une analyse post hoc des données prospectives de deux cohortes indépendantes, l’une allemande (cohorte de dérivation), l’autre américaine (cohorte de validation) dans lesquelles des patients ont tous réalisé un coroscanner.

  • L’évaluation du FAI à partir de l'atténuation du signal lié à la graisse périvasculaire a été réalisée au niveau des trois principales artères coronaires (artère circonflexe, artère ventriculaire antérieure et artère coronaire droite).

  • La valeur pronostique du FAI sur la mortalité toutes causes et la mortalité cardiovasculaire a été établie à partir d’une analyse multivariée.

Principaux résultats

  • La cohorte de dérivation a rassemblé 1.872 patients (63% d’hommes, âge médian 62 ans, suivi médian 72 mois) et la cohorte de validation en rassemblait 2.040 (55% d’hommes, 53 ans, suivi médian 54 mois).

  • Au cours du suivi, 26 décès cardiaques et 72 décès non cardiaques ont été recensés dans la cohorte de dérivation, ainsi que respectivement 48 et 35 dans la cohorte de validation.

  • Dans les deux cohortes, des valeurs élevées de FAI mesurées au niveau du tissu adipeux périvasculaire des trois artères coronaires étaient associées à un risque ajusté élevé de mortalité toutes causes confondues et de mortalité cardiaque : ainsi, dans la cohorte de validation, une valeur ≥ 70,1 UH (unités Hounsfield) était associée à un risque (HRa) de mortalité toutes causes confondues et de mortalité cardiaque de respectivement 2,55 [1,65–3,92], p

  • L’estimation du risque de mortalité toutes causes et de mortalité cardiaque fondée sur l'âge, le sexe, les facteurs de risque cardiovasculaires habituels, l’importance de la coronaropathie et le nombre de plaques d’athérome à risque était améliorée en ajoutant le paramètre FAI. Ainsi, l’aire sous courbe liée au risque de mortalité cardiaque évoluait de 0,913 [0,867-0,958] à 0,962 [0,940-0,983] dans la cohorte de dérivation et de 0,763 [0,669-0,858] à 0,838 [0,764–0,912] dans la cohorte de validation.

Principales limitations

  • Faible nombre d’évènements ayant limité la puissance statistique.

  • L’utilisation du coroscanner dans des cohortes asymptomatiques reste à démontrer.

Financement

L'étude a été financée par des structures publiques britanniques.