Le Conseil national du sida invite la France à être proactive dans la riposte contre la pandémie mondiale


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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L’achèvement de l’éradication de l’épidémie de VIH, visée à l’horizon 2030 par l’ONUSIDA, semble actuellement compromise. Aussi, quelques jours avant le G7 Santé qui s’est déroulé les 16 et 17 mai 2019, le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) a fait part d’une Note valant avis à destination des pouvoirs publics. Objectif : inciter la France à prendre toute sa place dans les débats qui auront lieu d’ici la tenue de la sixième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme en octobre prochain  à Lyon. En effet, les décisions de financement doivent être prises d’ici là. Le CNS pose ainsi quatre recommandations qui doivent permettre de renforcer l’engagement de la France, jugé perfectible au regard des enjeux dans la riposte contre la pandémie mondiale de VIH.

Augmenter la contribution de la France et susciter de nouveaux financements

Le CNS recommande d’abord de «   favoriser la hausse des ressources du fonds mondial en élevant la contribution française et en suscitant de nouveaux financements » : co-fondatrice du Fonds mondial en 2002, et deuxième contributrice historique, la France doit augmenter sa contribution par rapport à celle allouée lors de la période précédente. Elle devrait également, en tant qu'hôte de la conférence en octobre prochain, mobiliser davantage les États donateurs pressentis, en se tournant par exemple vers les états plus récemment arrivés dans l'aide au développement comme la Chine. La France doit aussi pouvoir inciter à la contribution de sources privées.

Un engagement, une vision et des exigences

Le CNS invite aussi la France à « obtenir des engagements d’évolution du fonds mondial dans trois domaines : mise en œuvre des programmes, élaboration de la prochaine stratégie et périmètre ». Elle doit ainsi exercer une veille exigeante des progrès accomplis par la stratégie 2017-2022 du Fonds mondial et obtenir des engagements d’évolution dans le cadre de la révision de la stratégie qui sera menée dès 2020. Dans ce cadre, le CNS estime que la France pourrait être proactive en initiant la discussion avec le Fonds mondial comme avec les partenaires sans attendre les différentes échéances. Objectif : proposer une « approche plus transversale, intégrée et coordonnée » qui sera favorable à l’atteinte des objectifs de développement durable des Nations Unies (éradication de la pauvreté, égalité des sexes…) et qui constituent des pré-requis à l’éradication de l’épidémie de VIH.

Parallèlement, le CNS recommande aux pouvoirs publics d’« obtenir du fonds mondial des précisions sur son argumentaire d’investissement en contrepartie de l’augmentation de la contribution française » pour disposer d’une meilleure connaissance des gains, avec de plus amples précisions concernant les attendus géographiques ou thématiques. Ces données permettront d’évaluer les marges de manœuvre d’efficience financière.

Un levier européen?

Enfin, le CNS exhorte la France à « affirmer davantage les priorités françaises et européennes en matière de lutte » par une « action politique, diplomatique et technique accrue et régulière dans le temps » . En cela, elle doit renforcer la concertation avec ses partenaires, notamment européennes – et favoriser en particulier la réussite des dimensions transversales promues par le consensus (droits humains, égalité des sexes, gouvernance, migration…). La négociation du cadre financier pluriannuel 2021-2027 de l’Union Européenne devra intégrer les enjeux de santé mondiale.


Dans la foulée de l’avis, les pays membres du G7 Santé ont  réitéré leur engagement  en faveur d’une action inclusive et durable pour la santé mondiale, mais sans préciser d’engagement financier.