Le cœur supporte mieux la chirurgie l'après-midi


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D'après une étude menée par une équipe lilloise et publiée dans la revue médicale The Lancet, les crises cardiaques seraient non seulement plus fréquentes le matin au réveil ou tard le soir mais également plus graves. Pour parvenir à cette conclusion, le Pr David Montaigne et le Pr Bart Staels ont analysé les complications relevées pendant 600 chirurgies cardiaques à cœur ouvert selon l'horaire d'intervention. Si cette démarche peut surprendre, elle s'explique aisément : les gestes pratiqués pendant une chirurgie cardiaque infligent une souffrance cardiaque proche de celle due à un infarctus du myocarde. Lors d'une telle opération, le chirurgien doit arrêter le cœur et l'exclure de la circulation sanguine pour pouvoir réaliser le geste opératoire. Pour ce faire, il pratique un clampage aortique qui impose au myocarde une séquence d'ischémie-reperfusion, soit le même mécanisme qu'un infarctus et sa prise en charge thérapeutique.

Les chercheurs ont constaté que les complications étaient deux fois plus nombreuses chez les personnes opérées le matin que chez celles opérées l'après-midi (18,1 % de risque de complication contre 9,4 %). La tolérance du cœur à une privation d'oxygène varie ainsi en fonction du rythme moléculaire circadien des cellules qui le compose. Un récepteur nucléaire impliqué dans le phénomène a même pu être identifié : le Rev-erbalpha. Cette découverte devrait aboutir à de nouvelles approches thérapeutiques dans la prise en charge des infarctus du myocarde et d'autres traitements qui imposent une ischémie myocardique, comme l'arrêt du cœur durant les chirurgies cardiaques et le transport du greffon avant transplantation cardiaque.

En attendant d'en savoir plus, les auteurs de cette étude recommandent d'opérer les personnes les plus à risque plutôt l'après-midi.