Le CHU Montpellier évalue le repérage précoce et l’intervention brève en addictologie des PVVIH expérimentés au CHU Montpellier


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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À retenir

  • Le CHU de Montpellier a mis en oeuvre une démarche expérimentale de repérage précoce et d’intervention brève en addictologie (RPIB) auprès des PVVIH.
  • L’approche est réalisable en routine et permet de repérer les consommations à risque.
  • Une forte proportion des sujets ayant des consommation à risque ont accepté de suivre un entretien motivationnel avec un spécialiste.

 

L’expérience acquise par le CHU Montpellier auprès des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) durant 6 mois montre que le repérage précoce et l’intervention brève en addictologie (RPIB) constituent une démarche réalisable et intéressante à mettre en œuvre en routine afin de repérer et de prendre en charge certaines des consommations identifiées. Le RPIB est une approche développée par l’OMS pour repérer et agir sur les consommations excessives nocives ou à risque. Il s’avère particulièrement intéressant dans le contexte de l’infection VIH, étant donné que les taux de consommation en alcool, tabac ou substances psychoactives sont souvent plus élevés que dans le reste de la population. Or, jusqu’à présent, l’intérêt de cette démarche auprès des PVVIH n’avait pas été étudié. Les résultats de l’étude pilote menée au sein du service des maladies infectieuses du CHU Montpellier ont été publiées dans HIV Medicine .

Le tabac, première des consommations ciblées

Au total, 1.018 PVVIH reçues en consultation ont été invitées à répondre à un questionnaire évaluant la consommation d’alcool (AUDIT), de tabac (Fagerström) et de substances psychoactives (ASSIST). Les 861 personnes ayant participé ont été invitées à discuter des résultats avec un praticien formé au RPIB : au cours de l’entretien, un rappel des messages concernant les recommandations de consommation était réalisé, suivi d’un entretien motivationnel concernant l’arrêt de la/des consommations et, finalement, d’une proposition d’orientation vers un addictologue. Parmi elles, 211 ont refusé, dont 46,4% présentaient au moins une consommation à risque, et 62,3% ont bénéficié d’au moins une intervention. Ceux n’en n’ayant pas bénéficié présentaient au moins une consommation à risque dans 20,8% des cas.

Une orientation des PVVIH ayant des consommations à risque vers un addictologue

Après la rencontre avec le spécialiste, un entretien motivationnel a pu être mené auprès de 19,6%, 42,4% et 15% des patients concernant la consommation d’alcool, de tabac et de substances psychoactives respectivement. En bout de chaîne, ceux ayant rencontré un addictologue pour chacune de ces trois consommations représentaient 18, 56 et 9 patients. Des chiffres intéressants, au regard des niveaux significatifs de consommation identifiés à partir des auto-questionnaires : 22% de consommation excessive d’alcool, 29,1% de dépendance sévère au tabac, prévalence de consommation de substances psychoactives de 37,8% dans les 3 derniers mois.

Si l’étude présente un certain nombre de limitations (profil des non-répondeurs, absence de suivi des consommations post-intervention…), elle présente néanmoins la faisabilité d’une telle démarche en consultation spécialisée, menée par des praticiens spécialement formés, et permettant une coopération plus étroite entre spécialistes du VIH et ceux des addictions.