Le céfidérocol, non inférieur au méropénèm dans les pneumonies graves à bactérie Gram négatif.

  • Wunderink RG & al.
  • Lancet Infect Dis
  • 12 oct. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Dans cette étude randomisée contrôlée multicentrique, le céfidérocol est non inférieur au méropénèm dans le traitement des pneumonies nosocomiales causées par des bactéries Gram négatif en termes de mortalité toutes causes confondues, avec un profil de tolérance comparable.

 

Le céfidérocol est un antibiotique sidérophore qui résiste à l’hydrolyse de la majorité des carbapénémases. Ce nouveau médicament pénètre dans les cellules bactériennes par un mécanisme de ‘cheval de Troie’ en utilisant les canaux transmembranaires du fer. Son développement prévoyait notamment l’étude CREDIBLE-CR dans les infections graves causées par des bactéries Gram négatif résistantes au carbapénèm et l’étude APEKS-cUTI dans la prise en charge des infections urinaires compliquées. Ici, l'étude APEKS-NP visait à évaluer l'efficacité du céfidérocol pour le traitement des pneumonies nosocomiales causées par des bactéries Gram négatif.

Méthodologie

APEKS-NP est une étude randomisée contrôlée de phase 3 internationale. Les patients adultes recrutés devaient présenter une pneumonie bactérienne sévère dans laquelle une bactérie Gram négatif était suspectée. Ils étaient randomisés 1:1 entre le céfidérocol (2g) ou le méropénèm (2g) administrés par IV toutes les 8 heures pendant 7 à 14 jours. Le principal critère d'évaluation était la mortalité toutes causes confondues à J14.

Principaux résultats

Au total, 300 patients ont été recrutés dont 218 ont atteint la fin de l’étude, planifiée 14 jours après la fin du traitement. Il s’agissait de 68% d’hommes, l’âge moyen était de 65 ans, et 98% étaient placés sous ventilateur, avec un score APACHE II moyen compris entre 16 et 16,4 et un score CPIS (Clinical Pulmonary Infection Score) compris entre 5,2 et 5,4. Au total, 96% présentaient une infection à bactérie Gram négatif isolée (78% et 71% dans les deux groupes) ou associée à un autre pathogène (8% et 15%) : Klebsiella pneumoniae (33% et 30%), Pseudomonas aeruginosa (17% et 16%), Acinetobacter baumanii (16% pour les deux groupes), Escherichia coli (13% et 15%).

À J14, la mortalité toutes causes confondues était de 12,4% et de 11,6% dans les groupes céfidérocol et méropénèm respectivement, soit une différence de 0,8% (p=0,002 pour la non-infériorité). La mortalité des patients ayant spécifiquement une pneumonie à Acinetobacter spp était de 19% et de 22%. La proportion de patients présentant une guérison clinique au moment du test of cure (J7 après la fin du traitement) étaient de 65% dans le groupe céfidérocol et 67% dans le groupe méropénèm (analyse en intention de traiter modifiée) et l’éradication microbiologique étaient de 48% dans les deux groupes.

Les évènements indésirables liés au traitement concernaient 88% des 148 participants du groupe céfidérocol et 86% des 150 du groupe méropénèm. L'effet indésirable le plus fréquent lié au traitement était une infection urinaire dans le groupe céfidérocol (23 patients [16%] sur 148) et une hypokaliémie dans le groupe méropénem (23 patients [15%] sur 150). Deux participants (1%) sur 148 dans le groupe céfidérocol et deux (1%) sur 150 dans le groupe méropénem ont interrompu l'étude en raison d'effets indésirables liés au médicament.

Financement

Cette étude est financée par Shionogi.