Le cannabibiol améliore le contrôle de l’épilepsie pharmacorésistante

  • Szaflarski JP & al.
  • Epilepsia
  • 12 juil. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Un programme d’accès compassionnel au cannabidiol pour le traitement de l’épilepsie pharmacorésistante est en cours aux Etats-Unis. L’analyse conduite à partir des 607 patients traités sur une durée médiane de 48 semaines montre que le cannabibiol réduit le nombre global de crises et celui de crises convulsives de 51% et de 48% respectivement, après 12 semaines de traitement. Les données à 96 semaines étaient similaires. Parallèlement, le taux de sujets bénéficiant d’une réduction d’au moins 75% ou 100% de la fréquence des crises était de 31% et 11% respectivement, à 12 comme à 96 semaines. La molécule était globalement bien tolérée, les évènements indésirables les plus fréquents étant la diarrhée et la somnolence.

  • Le taux de sujets ayant arrêté le traitement (76%) était proche de celui classiquement observé pour les autres traitements antiépileptiques.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le cannabidiol a fait l’objet d’études cliniques robustes dans la prise en charge de l’épilepsie résistante aux traitements, mais il est important d’évaluer son efficacité plus largement à partir du bilan tiré du programme d’accès élargi qui est en cours aux Etats-Unis depuis janvier 2014.

Méthodologie

Le programme rassemble des patients souffrant d’épilepsie résistante aux traitements et recevant des doses stables depuis au moins 4 semaines, à qui un traitement par cannabidiol oral a été prescrit, à une dose initiale de 2-10 mg/kg/j, croissant progressivement jusqu’à 25-50 mg/kg/j ou jusqu’à la dose maximum tolérée. Les patients étaient suivis toutes les 2 à 4 semaines jusqu’à la 16 e semaine, puis toutes les 2 à 12 semaines ensuite.

Principaux résultats

  • Au total, 607 patients ont été traités dans le programme à la date d’analyse (décembre 2016) : l’âge médian était de 13 ans, 52% étaient de sexe masculin, et le nombre médian de traitement antiépileptique prescrit était de 3 (clobazam, levetiracetam et valproate dans 51%, 34% et 29% des cas respectivement). Le nombre mensuel médian de crises global et de crises convulsives était de 73 et de 43 crises, respectivement.

  • La durée médiane de traitement par cannabidiol était de 48 semaines (2-146 semaines), 76% des patients étant toujours sous traitement à la date d’analyse. Les principaux motifs d’arrêt étaient le manque d’efficacité (15%) ou les problèmes de tolérance (5%).

  • Après 12 semaines de traitement, le cannabidiol oral offrait une diminution du nombre mensuel total de crises de 51% et du nombre de crises convulsives de 48%. Les chiffres étaient similaires après 96 semaines.

  • Le taux de patients présentant une réponse de ≥50%, ≥75% et 100% étaient de 52%, 31% et 11% respectivement, à 12 et à 96 semaines.

  • Le cannabidiol était globalement bien toléré. Les événements indésirables totaux ou sérieux concernaient 88% et 33% des patients traités. Les évènements les plus fréquents étaient la diarrhée et la somnolence (29% et 22% respectivement). Du fait d’une interaction avec le cytochrome P450, la fréquence de la somnolence était deux fois plus élevé chez les sujets sous clobazam que chez les autres.

Principales limitations

L’étude n’était pas contrôlée versus placebo ni menée en aveugle. Par ailleurs, une certaine variabilité des évènements et informations consignées peut avoir émergé de cette étude multicentrique.

Financement

L'étude a reçu un financement issus de fondations spécialisées dans la recherche thérapeutique.