Le cancer de l’estomac à travers le monde

  • Lancet Gastroenterol Hepatol
  • 1 janv. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Il y a moins d’un siècle, le cancer de l’estomac était encore le cancer le plus répandu à travers le monde. Depuis sa prévalence a fortement baissé, principalement par la diminution des taux d’infections par Helicobacter pylori (Hp), du fait de l’amélioration des statuts socio-économiques des pays, de l’hygiène et de la généralisation de l’antibiothérapie. Les résultats de cette étude montrent que l’incidence de ce cancer peut varier d’un facteur 5 à 10 d’un pays à l’autre. Au niveau mondial, la Chine, et plus globalement l’Asie du Sud-Est, contribuent fortement à l’incidence, à la mortalité et au nombre de DALY (Disability Adjusted Life Years-ou années de vie ajustées à l’incapacité). Ce cancer serait le 3eplus fort contributeur de DALY liées aux cancers après ceux du poumon et du foie. Entre 1990 et 2017, l’incidence et la mortalité associée (normalisée à l’âge) ont régulièrement diminué. Les analyses suggèrent que certaines habitudes de vie, notamment la forte consommation de sel (surtout en Asie de l’Est) et le tabagisme chez l’homme seraient des facteurs de risque importants. Si les infections à Hp ne sont pas à négliger, les données recueillies par cette étude ne permettent pas d’en évaluer l’importance. Ces résultats offrent une vue globale, régionale et nationale aux décideurs publics pour favoriser l’engagement d’actions adéquates de prévention et de prise en charge.

Protocole de l’étude

Après les cancers colorectal et du pancréas, le Global Burden of Disease(GBD) fait le point sur l’évolution de l’incidence et de la mortalité liées au cancer de l’estomac à travers le monde, en examinant. les données d’incidence et de mortalité qui lui sont liées dans 195 pays et territoires répartis sur 21 régions du monde entre 1990 et 2017.

Principaux résultats

En 2017, le taux d’incidence du cancer de l’estomac normalisé sur l’âge était de 15,4/100.000 individus et la mortalité de 11.0/100.000 individus. Entre 1990 et 2017, l’incidence aurait diminué de 28,0%, la mortalité de 43,2% et le nombre de DALY de 47,1%. Cette tendance était plus marquée chez les femmes que chez les hommes un peu partout dans le monde. L’incidence et le taux de mortalité seraient plus de deux fois plus importants chez l’homme que chez la femme (respectivement 21,7 vs 9,9/100.000 habitant et 15,2 vs7,5/100.000 habitants). L’incidence de ce cancer est la plus élevée dans les pays à haut revenu d’Asie du Pacifique (29,5/100.000 habitants) et notamment au Japon, en Corée du Sud et en Asie de l’Est. La Chine contribue fortement à l’incidence élevée en Asie de l’Est. Les incidences les plus faibles sont localisées en Afrique sub-Saharienne et dans les pays à haut revenu d’Amérique du nord.

La mortalité, quant à elle, est la plus élevée en Asie de l’Est, puis en Amérique latine, en Asie centrale et dans les pays à haut revenus d’Asie Pacifique, et la plus faible en Australasie et Amérique du Nord.

Principales limitations

Les données ne permettent pas de distinguer les différents types de cancer de l’estomac. Or, les cancers de l’estomac non-cardia seraient majoritairement associées à Hp et pourraient être la principale cause des évolutions présentées.

Financements

Étude financée par la Foundation Bill & Melinda Gates.