Le biais d’optimisme décrypté


  • Brigitte Blond
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Si l’Homme surestime la probabilité d’un événement positif et sous-estime celle d’un évènement négatif, c’est parce que, naturellement, il prend davantage en compte les informations “positives“ (les bonnes nouvelles) que les “négatives (les mauvaises nouvelles). Une tendance, une asymétrie fondamentale, propre aux humains, qui nourrit ce biais d’optimisme : nos perspectives futures nous paraissent a priori meilleures que celles des autres…

Et ce biais n’est pas seulement lié à nos croyances, ancrées dans notre cognition, à propos de potentiels futurs évènements, mais présent dès l’apprentissage, démontre le Laboratoire de Neurosciences cognitives avec une étude du comportement de personnes engagées dans un processus d’apprentissage par essai et erreur. Les participants, à l’heure du choix, accordent aux bonnes nouvelles un crédit supplémentaire, de 50 % en moyenne.

Autre découverte, que permet l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, ce biais est en lien avec les circuits cérébraux de récompense. Chez un sujet optimiste, l’activité cérébrale enregistrée dans ces circuits lors de la tâche d’apprentissage (par essai et erreur) est deux fois plus importante, versus l’activité cérébrale d’un sujet plus réaliste.
« Au-delà de la preuve de l’existence d’un biais d’apprentissage, ces travaux permettraient de mieux comprendre la physiopathologie de maladies telles que la dépression (où le biais d’optimisme est absent) ou des addictions (quand ce biais est surexprimé) », espère le chercheur, animé par un gros biais d’optimisme, inhérent à sa profession (!).

Dr Brigitte Blond